
♥♥♥♥ Moscou, 17 février 1905. Quatre terroristes du Parti socialiste révolutionnaire préparent un attentat contre le grand-duc Serge, oncle du tsar Nicolas II, qui gouverne Moscou depuis onze ans. Ivan Kaliayev, dit le « Poète », tiraillé entre sa soif de justice et son respect de la vie, est chargé de lancer la bombe fabriquée par Dora. Surgit un événement inattendu qui menace de faire échouer l’attentat et qui provoque au sein du groupe un séisme existentiel…
« Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites », rappelle Albert Camus. « À travers un dilemme cornélien (sacrifier ou non des enfants) qui tourmente et déchire les protagonistes, Albert Camus nous confronte à la question de la violence au nom de causes supérieures de justice et d’humanité. […] Dans un monde violent où la sérénité du débat public est en péril et où un nouveau terrorisme fait des ravages, il est bon de se réinterroger avec Camus sur les vertus de la mesure, de se replonger dans son humanisme farouche, serviteur de l’Homme dans sa complexité et ses paradoxes, sans jamais renoncer à la possibilité du progrès », confie Maxime d’Aboville. Metteur en scène du spectacle, il a réduit la distribution à quatre comédiens de la Compagnie Les Fautes de Frappe, « jouant parfois deux personnages opposés, pour mettre en valeur ce faisceau de trajectoires morales contraires, moteur de la dramaturgie des Justes ».
Les Justes est une œuvre phare du théâtre d’Albert Camus, fondée sur des faits historiques qui mèneront jusqu’à la révolution d’Octobre de 1917. Celle-ci marquera la chute du régime tsariste et l’avènement d’un nouvel État socialiste. Lors de sa création au Théâtre Hébertot le 15 décembre 1949, Les Justes de Camus étaient couramment comparés aux Français de la Résistance. « Raison de plus pour évoquer ces grandes ombres, leur juste révolte, leur fraternité difficile, les efforts démesurés qu’elles firent pour se mettre en accord avec le meurtre – et pour dire ainsi où est notre fidélité. »
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