
♥♥♥♥(♥) Le 13 mai 1981, un jeune homme turc, Ali Ağca, tire sur le pape Jean-Paul II, place Saint-Pierre, à Rome. Deux ans plus tard, celui-ci vient lui rendre visite en prison. Que s’est-il dit pendant les 22 minutes qui ont réuni Jean-Paul II et Ali Ağca, qui a tenté de l’assassiner ? Que peuvent changer 22 minutes dans le cours d’une vie cabossée ?
Benoit Solès (La Machine de Turing, La Maison du Loup) raconte l’enfance humiliée d’Ali Ağca, sa radicalisation et ses méfaits, jusqu’à ses trente années de détention. Il nous entraîne au cœur d’un destin qui bascule suite à une mise à l’épreuve (une barrière infranchissable), une parole sévère (celle d’un père autoritaire), une mauvaise rencontre (le chef d’un groupe terroriste) qui le mèneront jusqu’à la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II. Deux ans après, sa victime lui rendra visite dans sa cellule. Benoit Solès a imaginé le contenu de cette incroyable rencontre, un temps suspendu où se confronteront violence et pardon, foi et doute, endoctrinement et rédemption.
Ce seul-en-scène composé par Benoit Solès est une prodigieuse réussite par la qualité de son monologue comme par la performance impressionnante de son interprétation de toutes les personnes que le jeune Ali croise sur son chemin. Le texte est dense et captivant, les faits sont exposés sans jugement, le style est singulier alternant des temps de vie, d’humour et de grande émotion.
Sur le plateau, 2 chaises et 1 immense tapis. Pour seuls accessoires, un blouson de cuir, une veste de costume, une kippa, deux feuilles de papier et une pierre blanche. Les jeux des lumières de Denis Koransky et la musique de Marc Demais subliment la sobre mais dynamique mise en scène de Tigran Mekhitarian qui fait voyager les spectateurs à travers les pays et les fait vivre intensément les évènements qui se jouent devant eux.
Les 1h20 de représentation sont passées si vite qu’ils nous ont semblé durer seulement 22 minutes d’où mes 5 cœurs au lieu des 4 cœurs habituellement accordés. 22 minutes palpitantes et inoubliables.
Le regard d’Isabelle
Théâtre des Gémeaux Parisiens – Rue du Retrait – Paris 20e
Festival SenS – La programmation est absolument exceptionnelle. À découvrir sans plus tarder.
Mercredi 20 mai et vendredi 22 mai 2026 à 19h
&
Théâtre Actuel – Avignon
Du 3 au 25 juillet 2026 à 10h – relâche les 6, 13, 20 juillet – et les 8, 15, 22 juillet 2026 à 11h50
Durée : 1h20
À partir de 12 ans
