LAWRENCE D’ARABIE – THÉÂTRE DU GYMNASE-MARIE BELL

♥♥♥ Comment ne pas être confondu par la virtuosité et l’inventivité de la mise en scène d’Éric Bouvron ? Le metteur en scène reprend à son compte l’histoire mythique de Lawrence d’Arabie – de son vrai nom Thomas Edward Lawrence – archéologue britannique, devenu officier de liaison aux côtés des tribus arabes, pendant les derniers jours de l’Empire ottoman. Avec l’aide d’un tapis, de quelques costumes et accessoires polyvalents, il nous emporte dans un tourbillon étourdissant d’images et de sons qui nous fait voyager des terres pluvieuses de l’Angleterre au climat étouffant du Caire.

L’élément central de cette adaptation est l’omniprésence de la musique, jouée par Julien Gonzales et Raphaël Maillet et rythmée par la voix envoûtante de Cécilia Meltzer. Elle contribue à créer une ambiance magique qui nous transporte dans un autre monde. Elle se fait aussi bruitages pour évoquer le train sur les rails ou les coups de feu.

Les scènes se succèdent comme autant de tableaux enchanteurs, soulignés par les lumières d’Edwin Garnier. Par la magie de la scénographie, les keffiehs des cavaliers qui volent au vent évoquent joliment les cavalcades dans le désert. La mise en scène flirte avec la chorégraphie, privilégiant le mouvement et les scènes de groupe. Tout le talent d’Éric Bouvron consiste à solliciter constamment l’imaginaire du spectateur pour le faire entrer dans le spectacle. Le rythme très enlevé et la manière dont on passe avec fluidité d’un lieu à un autre, d’une époque à une autre nous font immanquablement penser à un autre grand conteur, Michalik.

Cette adaptation ressemble plus à une comédie qu’à une épopée historique. Quand Éric Bouvron met en avant l’amitié qui lie Lawrence d’Arabie (Kevin Garnichat) et le fidèle Dahoom (Slimane Kacioui), cela donne lieu à plusieurs scènes volontairement comiques. Les huit comédiens (Kevin Garnichat, Alexandre Blazy, Matias Chebel, Stefan Godin, Slimane Kacioui, Yoann Parize, Julien Saada, Ludovic Thievon), tous rompus dans l’art de passer d’un registre à un autre, d’un personnage à un autre, donnent vie avec brio au récit.

Dommage que la mise en scène privilégie parfois le spectaculaire au détriment de l’émotion. La dimension dramatique du récit est gommée par un traitement un peu didactique des enjeux géopolitiques de l’époque. Peut-être par souci de rendre accessible à tous une période complexe ?

Mais ne boudons pas notre plaisir. On lit (ou relit) cette page d’histoire en compagnie de Lawrence et de ses compagnons, et l’on sort de là, étourdis par ce voyage haut en couleur.

Le billet de Véronique

LAWRENCE D’ARABIE
Théâtre du Gymnase-Marie Bell, 38, boulevard de Bonne-Nouvelle, 75010 Paris
Réservations : 01 42 46 79 79
Jusqu’au 8 mai, du jeudi au samedi à 20 h 45, dimanche à 16 h 30
Durée : 1 h 50

Crédits photo : Aurore Vinot

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