LA MAISON DU LOUP – THÉÂTRE DU CHÊNE NOIR – FESTIVAL D’AVIGNON 2021

♥♥♥♥ Été 1913. Depuis sa sortie de prison, Edward Morrell se bat pour que son ami Jacob Heimer échappe à la peine de mort. Impressionnée par la détermination de cet homme dans son combat, Charmian London, l’épouse du célèbre écrivain Jack London, invite Edward dans leur vaste propriété, La Maison du Loup, dans l’espoir que la rencontre entre les deux hommes provoquera chez Jack, en mal d’inspiration, une étincelle littéraire.

Edward Morrell, activiste engagé dans la réforme du système pénitentiaire, veut sauver la vie à Jacob Heimer. Jack London, génial écrivain adulé, est un vieux loup de mer désabusé. Charmian London organise la rencontre de ces deux hommes. Elle inspirera à Jack London son dernier chef d’œuvre Le Vagabond des étoiles : Edward Morrell a été emprisonné dans les geôles de San Quentin. Accusé à tord de tentative d’évasion et de mutinerie, il se retrouve à l’isolement pendant plus de cinq longues années dans une cellule de deux mètres sur trois. Pour échapper mentalement à la torture de la camisole de force, pratique courante à l’époque, Jacob Heimer, son voisin de cellule lui enseigne (en communiquant avec lui en morse) une technique d’autohypnose lui permettant de quitter son corps afin d’entreprendre un voyage astral ce qui le sauvera mentalement.

Est-ce que la rencontre des trois protagonistes – l’auteur, l’épouse et l’ex-prisonnier – a-t-elle vraiment eu lieu ? Nul ne le sait mais Benoit Solès l’a imaginée telle qu’elle aurait pu se dérouler et Tristan Petitgirard l’a mise en scène, (même collaboration pour La machine de Turing).

Le texte de Benoit Solès nous transporte avec panache dans l’intimité de Jack London mettant en lumière son fécond partenariat avec son épouse Charmian, les affres de son passé et ses démons notoires, l’alcool et la morphine, qui l’emporteront avant la quarantaine. La mise en scène de Tristan Petitgirard, comme a son habitude, est sobre et efficace dans un décor dont les fonds évoquent tour à tour les différents paysages d’une nature sauvage si chère à l’écrivain. Quant aux comédiens – Benoit Solès, Amaury de Crayencour, Anne Plantey – on ne peut que saluer leur éblouissante interprétation criante de vérité et d’un rare talent.

Alors que l’on soit un lecteur assidu ou non de Jack London, La Maison du Loup est un merveilleux spectacle pour (re)découvrir les grandeurs de la fraternité et les méandres de la création littéraire comme les plaisirs de se replonger dans la lecture des romans d’aventure.

Le regard d’Isabelle

LA MAISON DU LOUP

Théâtre du Chêne noir, 8 bis rue Sainte Catherine, 84000 Avignon

Du 7 au 31 juillet – Relâches : 12, 19, 26 juillet – à 14h30

Crédit photos : Fabienne Rappeneau

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