
♥♥♥♥ Au coin de ma rue, un seul et même jeu d’acteur pour 30 histoires de vie imaginaire de 4 minutes chacune : un personnage traverse l’espace public en accomplissant une suite d’actions simples, toujours identiques. Il marche, il s’arrête, il regarde, il repart. Face à lui, sur un gradin, 30 spectateurs équipés de casques écoutent 30 histoires différentes qui s’accordent chacune avec les déplacements du personnage. Une spectatrice rit, son voisin est ému, un troisième est replongé au cœur de ses premières amours, un autre se lève… « Sans le casque, il ne se passe rien de particulier. Avec le casque, tout devient récit. »
À la fin de chaque histoire, les spectateurs sont invités à changer de place pour écouter une nouvelle histoire (une forme de jeu des chaises musicales), ils peuvent choisir d’en écouter autant qu’ils veulent. À chaque casque correspond un récit, différent de ses voisins, dans lequel se développe un univers sensible ou surréaliste, profond ou léger. Au coin de ma rue est un exercice de style à la manière des Exercices de style de Raymond Queneau ou La Vie, mode d’emploi de Pérec, une plongée dans le romanesque de l’intime et du commun extra-ordinaire, écrit à quatre mains par Nicolas Turon et Vincent Zabus.
Un gradin, trente casques, trente spectateurs (et des pliants pour les retardataires). Des passants traversent parfois le bout de scène improvisée sur un coin de rue ou le bord d’un trottoir. Un banc. Une bicyclette bleue. Une porte avec digicode. Un sac en plastique blanc. Une paire de tennis disparate (clin d’œil à l’humour décalé de l’humour belge ?). Ces éléments font partie du décor. S’ils apparaissent à première vue hétéroclites, les spectateurs vont retrouver leurs liens au fil de l’écoute des histoires qu’ils picoreront, casque sur les oreilles, d’un siège à l’autre. Comme si chacun d’eux jouait à imaginer la vie de celui qui passe de son balcon, assis à une terrasse de café, debout dans la file du supermarché…
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