AU BONHEUR DES DAMES –  FESTIVAL SENS – THÉÂTRE DES GÉMEAUX PARISIENS

♥♥♥♥ Paris. XIXe siècle. Embauchée au Bonheur des dames, grand magasin de prêt-à-porter féminin à la pointe de la mode, dont le développement spectaculaire entraîne la mort du petit commerce de quartier, la jeune provinciale Denise Baudu découvre le monde cruel des vendeuses, la précarité de l’emploi… Par son intelligence et sa dignité, elle suscite l’intérêt de son directeur, Octave Mouret. Visionnaire sur les nouveaux modes de distribution, il lui permet de gravir tous les échelons alors que l’évolution de la place de la femme dans un milieu professionnel est loin d’être acquise. Parallèlement, il nourrit secrètement des sentiments envers la jeune fille.

Au Bonheur des Dames (1883), l’un des romans les plus célèbres d’Émile Zola, appartenant à la saga des Rougon-Macquart, s’inspire de la fondation du premier grand magasin français Le Bon Marché (1852), par Aristide Boucicaut. Son écriture naturaliste, avec la précision d’un horloger, s’attache à la description des faits sociaux et des caractères humains. 

Pascale Bouillon relève, avec une maestria sans faille, deux défis et non des moindres : adaptation à la scène de l’un des plus longs romans d’Émile Zola et interprétation de 21 personnages à elle seule. Elle évolue au milieu de quelques éléments de décor (portants, table, bancs…) et accessoires, évoquant tantôt le grand magasin ou le bureau d’Octave Mouret, tantôt l’intérieur d’un appartement d’une bourgeoise ou de l’oncle Baudu. Chaque personnage se caractérise par une tonalité de voix, une attitude corporelle, un signe particulier et un chapeau. Un modèle différent pour chaque personnage. Dans le fil du périple de l’incroyable ascension de la jeune provinciale prête à tout pour subvenir aux besoins de ses jeunes frères, Pascale Bouillon ne perd l’attention d’aucun spectateur.   

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