L’AMANT – THEÂTRE DE PARIS  

♥♥♥♥ Sarah, femme au foyer, et Richard, employé à la City, forment un couple d’apparence ordinaire sans trahison ni mensonge. Derrière cette façade, leur relation questionne, marquée par une étrange complicité autour d’une liaison extraconjugale consentie pour fuir la routine, l’ennui, le silence du temps qui passe. Chacun peut aller voir ailleurs, mais l’amour, le vrai, reste leur domaine réservé. Lorsque la curiosité et la jalousie de Richard heurtent la farouche liberté de Sarah, leur couple est mis à l’épreuve entre désir, amour et frustration. Leur pacte volerait-il en éclats ? À moins que tout cela ne soit qu’un jeu pour raviver la flamme dans leur couple…

Après sa création à Londres en 1962 dans une distribution anglaise, la pièce sera montée en France au Théâtre Hébertot avec Delphine Seyrig, Jean Rochefort, Michel Bouquet, Bernard Fresson dans une mise en scène de Claude Régy (1965). L’amant révèlera Harold Pinter, l’auteur du théâtre du non-dit.

Actuellement au Théâtre de Paris, L’Amant orchestre les amours unis et désunis de Pierre Rochefort et Sarah Biasini. Dans un salon à la décoration années 70 aux couleurs psychédéliques, le couple s’approche, s’échappe, se joue, se frappe. Autour d’un canapé de forme ronde, ils tournent et retournent, comme ils tournent et retournent leur amour en tous sens. Mais combien de personnages compte t’on ? Quatre : la femme, le mari, l’amant de la femme et la prostituée du mari ? Ou seulement deux : la femme et le mari ?

Dans la traduction d’Éric Kahane des dialogues ciselés d’Harold Pinter, la mise en scène de Thierry Harcourt les assaisonne avec brio de silences éloquents pour démontrer les paradoxes de la vie à deux et les affres du désir de ce couple singulier. Débute alors la valse des sentiments, des émotions, des non-dits, des mensonges, des regards fuyants… et des fantasmes. Après un long temps de confusion et d’ambigüité, le spectateur comprend enfin la teneur de leur relation conjugale et leur jeu de rôle volontairement consenti, brut de sensualité, vertigineux dans sa force, pas sans danger pour leur avenir commun.

L’Amant, la femme et le mari, voilà un trio dont les comportements et les actions sont assurément bouleversants, certainement dérangeants, à la hauteur du jeu talentueux aux mille nuances de Pierre Rochefort et Sarah Biasini.

Le regard d’Isabelle

L’AMANT

Théâtre de Paris –15 rue Blanche – Paris 9e

Du 29 mai au 4 juillet 2026. Relâches exceptionnels les 9 et 10 juin

Du mardi au samedi à 19h 

Durée : 1h10 

© Émilie Brouchon

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