
♥♥♥♥Il y a dans Fiesta des Tréteaux de France, une énergie joyeuse et communicative qui, dès les premières minutes, fait oublier que l’histoire naît d’un monde secoué par la peur et l’isolement. Sous son apparente légèreté de théâtre pour la jeunesse, et dans une économie de moyens qui donne toute la densité à la proposition, le spectacle se révèle être une proposition profondément touchante qui adresse tous les publics aux thématiques sensibles comme la maladie, la mort ou la peur et nous renvoie avec tendresse et intelligence à nos propres souvenirs. Un petit bijou théâtral, plein d’émotions et de tendresse !
Nono a bientôt 10 ans et ce sera à coup sûr la grande fête, l’immense fête, la gigantesque fiesta avec tous ses copains parce que 10 ans, ce n’est pas rien quand même ! Alors, il a tout noté dans son Cahier de ma Fiesta : les noms des invités, le parfum des gâteaux, la couleur des guirlandes en papier, et tout et tout ! Mais voilà qu’une énorme tempête, Marie-Thérèse, s’apprête à déferler sur la France, et que tout le monde est enfermé chez soi ! Alors, on fait comment pour venir à la fiesta de Nono ? On brave la tempête ou pas ? C’est si important d’aller fêter les 10 ans de Nono au fond ?
Fiesta, c’est d’abord une histoire à hauteur d’enfant qui replonge avec malice et tendresse dans le temps joyeux des anniversaires des copains de l’école primaire et célèbre la période de l’enfance avec un grand E où tout est possible, où l’amitié est indestructible, où tous les rêves sont permis. Mais très vite, la pièce, élégamment écrite par Gwendoline Soublin, fait écho à des évènements récents vécus collectivement dont chacun aura le pénible souvenir (la pièce a été écrite au début de la pandémie du COVID) et nous, spectateurs, de nous interroger : comment déjouer la solitude, comment rompre l’isolement, comment vivre enfermés, comment braver les éléments extérieurs pour continuer à avancer et célébrer la vie ? Et si l’anniversaire de Nono était la dernière occasion d’exister ensemble ?
Fidèle à la mission des Tréteaux de France et au projet d’Olivier Letellier, son directeur et co-metteur en scène du spectacle avec Fiona Chauvin, la pièce convoque les imaginaires et invite à réfléchir en s’appuyant sur plusieurs niveaux de lecture et une scénographie ultra légère (un plateau en forme de T, quelques objets), en proximité totale avec le public, jusqu’à rendre les spectateurs acteurs de l’histoire. Chapeau bas aux deux apprentis comédiens, Henri Ardisson et Garance Courtial, en dernière année à l’Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes et Marseille, qui ont offert samedi dernier à la Maison des Métallos une folle énergie, vibrante, solaire, au service du récit.
Signé Elisabeth
Prochaines représentations :
23 et 24 avril 2026 à MC2 Grenoble
27 mai 2026 à la Maison pour tous, Chevilly-Larue
Crédit photos : Christophe Raynaud de Lage



