LE JOUR DU GRAND JOUR – Le Monfort Théâtre

♥♥♥♥ Une cérémonie à la mairie sans queue ni tête, une fête de famille douce-amère, un banquet trop arrosé, un mariage qui vire au jeu de massacre, un enterrement qui ressemble à un carnaval… le Théâtre Dromesko nous convie à ces petites cérémonies du quotidien – censées représenter le jour J pour leurs protagonistes –, qui se détraquent sous leur baguette magique. On passe sans transition de la mort à la naissance, avec un simulacre de bénédictions, une multitude de mariages (pour montrer sa fragilité ou son inutilité ?) ; le blanc se mélange au noir en fonction des tableaux, un peu comme dans un rêve que l’on oublie dès le matin mais qui laisse une sensation de plénitude.

À l’instar d’un film de Kusturica, il y a de la musique (fanfare ou violoncelle), de la danse, du vin, des cris de joie ou de tristesse, des émotions toujours intenses. Pendant une heure trente, les artistes, tous multidisciplinaires, nous entraînent dans une sarabande effrénée pleine de sensualité où les robes des filles tournoient, les corps glissent sur le sol comme des pantins et la traîne d’une mariée se déroule indéfiniment. On y croise une truie qui défile sagement et un marabout qui se livre à une danse majestueuse.

Le spectacle regorge de jolies trouvailles de mise en scène : les corps qui apparaissent et disparaissent sous les tables, la fête que l’on devine plus qu’on ne la voit à travers les lamelles d’un rideau, la danse nuptiale autour du marié, et bien d’autres que je vous laisse le plaisir de découvrir.

De magnifiques jeux de lumière subliment les corps et les costumes. Quand on sait que c’est Igor, cofondateur des cirques Aligre et Zingaro, et Lily, sa talentueuse compagne, qui sont les metteurs en scène de ce drôle de défilé, tout s’éclaire. Le spectacle est à leur image, délicieusement décalé, drôle et grave à la fois. Simplement humain.

Allez-y à pied, à cheval, à vélo, à vol d’oiseau ou à dos de chameau… mais surtout, courez le voir !

Le billet de Véronique

LE JOUR DU GRAND JOUR
Le Monfort Théâtre – 106, rue Brancion, 75015 Paris
Jusqu’au 28 mai à 20 h 30

Suivi par :
LE DUR DÉSIR DE DURER
Du 1er au 11 juin, du mercredi au samedi à 20 h 30

Crédit photo : Fanny Gonin