7 MINUTES (COMITÉ D’USINE) – CENTRE CULTUREL JACQUES TATI (AMIENS) & THÉÂTRE DE L’ÉPÉE DE BOIS

♥♥♥♥ Dix femmes du comité d’usine de Picard & Roche attendent Blanche, leur porte-parole. Elle négocie depuis quatre heures avec leurs nouveaux patrons. À son retour, une décision cruciale doit être prise : voter au nom des 200 ouvrières et employées qu’elles représentent la réduction ou pas de leur pause de sept minutes. Si elles acceptent, l’usine restera ouverte et tous les emplois seront maintenus. La proposition des nouveaux repreneurs, si elle semble honorable, impose à ces femmes un choix crucial pour sauver leur emploi dont un grand pan de leur existence dépend. Elles ont une heure pour décider du sort à venir de l’usine, de leurs collègues et d’elles-mêmes.

7 minutes (Comité d’usine) est un thriller social qui ouvre une double réflexion sur la valeur marchande du travail et la prise de conscience des mécanismes de domination patronale. Au cœur du débat, une seule question à trancher posée par Blanche, la porte-parole : « Qu’est-ce que nous sommes prêts à accepter pour garder notre poste ? » Chacune des 11 élues prend parti selon sa personnalité, son ancienneté, ses convictions, ses nécessités familiales ou personnelles, ses peurs, son souci du collectif. Suivent débats, oppositions, doutes, tensions, renoncements pour préserver leur avenir. Au fil des échanges, les paroles personnelles se transforment. Leur huis clos sera haletant.  

Lire la suite

FEMME NON RÉÉDUCABLE – STUDIO HÉBERTOT (vu au Théâtre Au bout là-bas)

♥♥♥ En 2005, Vladislav Surkov, le très puissant secrétaire de Vladimir Poutine, signe une circulaire dans laquelle il constate que les ennemis de l’État se divisent en deux catégories : les ennemis avec lesquels on peut raisonner et ceux avec qui on ne peut pas, ces derniers sont dits « non rééducables ». La journaliste d’investigation, militante des droits de l’homme Anna Politkovskaïa était certainement de ceux-là.

Femme non rééducable raconte l’itinéraire d’Anna Politkovskaïa qui ne cessa de dénoncer les exactions des camps russes et tchétchènes par la description objective des faits. « Je me limite à raconter des faits. Les faits : tels qu’ils se produisent, tels qu’ils sont. Ça peut paraître la chose la plus simple, ici, c’est la plus difficile. Et ça coûte un prix fou. Quel prix ? Le prix que tu payes quand tu ne pratiques plus un métier, mais tu rentres en guerre. Tu combats. Tu te sens un combattant », affirme Stefano Massini. Anna Politkovskaïa sera assassinée le 7 octobre 2006 à Moscou, jour de l’anniversaire du chef de l’État Vladimir Poutine. Son corps est découvert dans la cage d’escalier de son immeuble, dans le centre de Moscou, un pistolet et quatre balles à ses côtés.

Lire la suite