
♥♥♥♥ Rares sont les mises en scène qui assument pleinement leur refus de la linéarité narrative. Pour son sixième spectacle en tant qu’autrice et metteuse en scène, Mathilda May fait le pari d’un théâtre fragmenté, qui emprunte autant au zapping compulsif de nos écrans qu’aux techniques du montage cinématographique. Ici, point d’intrigue à suivre ni de personnages à accompagner sur la durée : seulement un kaléidoscope de vies qui se succèdent à une cadence vertigineuse, nous laissant à peine le temps de saisir une émotion avant de basculer dans une autre séquence. Ce refus du récit traditionnel n’est pas gratuit – il évoque avec une acuité troublante notre rapport contemporain au temps et à l’attention, ce scroll perpétuel qui nous fait glisser d’un sujet à l’autre sans jamais vraiment nous arrêter.
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