FESTIVAL OFF D’AVIGNON 2026 – J’ai besoin d’air, c’est pour cela que je fume  

♥♥♥♥ Elizabeth vient d’une famille parfaite. Enfin, à première vue… car dans une famille catholique et aristocrate, on ne parle pas d’inceste. Même quand on l’a vécu. Dans ce milieu où la loyauté prime, dire c’est trahir. Elle éprouve néanmoins l’intime besoin de parler. Aussi elle entreprend une traversée initiatique, un chemin de justice et de consolation, transformant l’isolement destructeur en renaissance créatrice.

Elizabeth rêvait d’une vie en rose et là voilà couverte de bleus. Mais ce bleu n’est-il pas la vraie couleur de la vie comme le confirme ces extraits de son journal intime ? « 9 décembre 2019. Date anniversaire du procès, en 2015, contre J***mon cousin germain, pour viol. Cinq ans déjà. Que s’est-il passé pendant tout ce temps ? Trou noir… J’étais persuadée que la question de l’aide aux victimes serait l’engagement de ma vie. Me battre pour la vérité m’a demandé beaucoup de force et de courage. Qu’en ai-je fait depuis cinq ans ? Quelques jours après, l’obsession s’impose comme une évidence : Écrire sur mon procès, le secret de famille, l’inceste. Le long et exigeant processus d’écriture est amorcé. […] Dire le secret, n’est pas sans conséquences : cela implique de se confronter au rejet du clan mais aussi de l’entourage, qui bien souvent ferme les yeux devant le mal plutôt que d’accepter de le regarder en face et de lutter contre. La fracture entre le déni et la réalité est le quotidien de nombreuses familles, encore aujourd’hui. Comment briser la loi du silence ? La justice ? […] Serait-ce un passage obligatoire pour établir et reconnaître la faute ? La justice n’est hélas qu’un passage, ce n’est pas elle qui guérit. »

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