LA DERNIÈRE HEURE DE JEAN RACINE

Les comédiens Amaury Delgrange et Agnès Jarrin croisent la vie et l’oeuvre du plus illustre des dramaturges français pour continuer d’en célébrer la beauté.

Signé Élisabeth

Logo avec plusieurs lettres 'C' stylisées en violet sur un fond bleu.

NOTRE AVIS 4/5 PEDAGOGIQUE

Paris, 21 avril 1699. Jean Racine, 59 ans, se meurt dans son appartement de la rue des Marais-Saint-Germain. Au moment du grand départ, dans une douce et tendre mélancolie, il replonge dans ses souvenirs, lui, le jeune orphelin à l’ascension sociale éblouissante dans ce XVIIe siècle corseté, qui connut gloires et querelles et laissa en héritage quelques unes des plus belles œuvres du théâtre français. Au parcours d’homme répondent en écho les grandes héroïnes raciniennes, Andromaque, Athalie, Phèdre ou Bérénice qui révélent l’intemporalité de son œuvre.

Les comédiens Amaury Delgrange et Agnès Jarrin, également auteurs de la pièce, ont fait de leur amour pour Racine un spectacle tout à la fois généreux et pédagogique, en croisant habilement le récit d’une vie aux textes fictionnels. Ainsi, se dessine un bel hommage à celui qui questionna la pouvoir, les rapports humains, la fragilité de la condition humaine, comme personne. Et offre un portrait étonnamment vivant d’un auteur dont on connait aussi la méconnaissance et la mise à distance de certains publics.

Deux acteurs sur scène, l'un portant une couronne de feuilles et l'autre gesticulant avec une expression intense, dans un décor théâtral sombre.
© Nicolas Souyris
Un homme assis sur une chaise, vêtu d'un veston en velours, s'exprimant avec des gestes, dans une ambiance sombre. Sur une table à côté, il y a des livres, un verre et des fleurs séchées.
© Nicolas Souyris

Racine ennuyeux ? rasoir ? ardu ? Que nenni ! Amaury Delgrange compose un Racine chaleureux, proche de nous, sourire aux lèvres et l’œil pétillant, en tissant un récit fait d’anecdotes et de faits historiques méconnus. « J’admire le culot de cet homme » me confie-t-il, comme une inspiration à son travail d’acteur. Tandis qu’ Agnès Jarrin, grande connaisseuse de l’œuvre racinienne, pour qui « Andromaque, Bérénice ou Phèdre sont presque devenues des grandes sœurs à force de les lire, de les enseigner, de les aimer » se glisse avec ardeur, force et détermination dans l’interprétation de ces femmes amoureuses, blessées, condamnées ou mutines (joli passage de la Marquise du Parc). Sobrement vêtue, drapée d’une étole, elle célèbre la beauté d’une langue, proche de la perfection.

Un acteur et une actrice se produisant sur scène dans une pièce de théâtre, avec un éclairage dramatique et de la fumée en arrière-plan.
© Nicolas Souyris

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