Le rappel des oiseaux – FESTIVAL SenS & FESTIVAL OFF AVIGNON 2026

♥♥ Il y a cette petite vie, routinière, mesquine, étriquée, silencieuse, soumise. Et il y a cette autre vie, ces autres vies, rêvées, fantasmées, folles, démesurées, qui crient la passion, la vitesse et l’espace. Aksenty Ivanovitch Poprichtchine, discret fonctionnaire de Saint-Pétersbourg, vit seul avec sa domestique Mavra. Ses amours comme ses ambitions sont contrariées par ses maladresses et son éternelle distraction. Pour tenter d’échapper à sa condition de petit fonctionnaire, il s’invente une autre existence. Débute alors son envol vers une intense sensation de liberté qui le précipitera aux abords de la folie. 

Cette adaptation de la nouvelle Journal d’un fou de Nikolaï Gogol, où se mêlent théâtre, danse et musique, soulève « des questions essentielles sur l’identité, l’humanité et la société trouvant des échos en chacun de nous. […] Elle met en lumière l’expérience de la banalité de la vie et celle de la soif de vivre comme une urgence, comme un dépassement de sa condition. Elle est aussi un cri de révolte contre la soumission, l’absurdité et la cruauté de la bureaucratie comme de la société de classes. Par la musique, le mouvement, la poésie, la rêverie, les craintes et la violence, l’homme, seul face à son destin, métamorphose son ordinaire dans un jeu de ‘‘tempéraments’’, pour atteindre l’extase ou la folie, là où se côtoient petites et merveilleuses choses du quotidien, et grandes et terrifiantes questions existentielles. Pourquoi Bach, Rameau ? Pour le dépouillement de cette musique qui revient à une mise à nu de l’âme. […] une musique qui chante le banal comme l’extraordinaire […] » (Orianne Moretti)

L’adaptation du Journal d’un fou est une ode à la rêverie autant qu’à la révolte de chacun face à ses conditions de vie, rêverie qui mènera le pauvre Poprichtchine jusqu’à l’internement en asile psychiatrique.

Dans un décor très dépouillé, le danseur Étoile de l’Opéra de Paris Mathieu Ganio interprète le texte de Gogol et la chorégraphie de Bruno Bouché sur des pièces de piano jouées par Guilhem Fabre. Si l’expression corporelle est majestueuse, le ton verbal approprié, la diction n’est pas toujours parfaite, ni la voix audible (couverte parfois par l’accompagnement musical). De nombreux choix de mise en scène d’Orianne Moretti interrogent : pourquoi le pianiste reste entièrement dissimulé derrière son instrument pendant tout le spectacle ? Pourquoi Poprichtchine est torse nu en toutes circonstances : à son travail, dans la rue, devant sa fiancée… ? Pourquoi avoir choisi la danse et non le mime ? Avouons-le : nous n’avons pas été convaincu par ces différents choix de mise en scène, ils ne nous semblent pas servir le texte de l’écrivain.

Mathieu Ganio a reçu de beaux applaudissements. Plusieurs spectateurs-trices interrogées après la représentation étaient des admirateurs assidus du danseur.

Le regard d’Isabelle

LE RAPPEL DES OISEAUX

Théâtre des Gémeaux Parisiens – Rue du Retrait – Paris 20e

Dimanche 3 mai ► 15h

Vendredi 8 mai ► 21h

Dimanche 10 mai ► 15h

&

Festival Off Avignon du 4 au 25 juillet 2026 / La Factory – Roseau Teinturiers à 11h40 (relâches les jeudis 9, 16 et 23 juillet) 

Durée : 1h10

À partir de 10 ans

Teaser :  https://www.offi.fr/theatre/theatre-des-gemeaux-parisiens-7454/le-rappel-des-oiseaux-60952.html

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