AU BOUT DE MA LANGUE – LAVOIR MODERNE PARISIEN

♥♥♥ Proposée par Les Tréteaux de France, la pièce « Au bout de ma langue » propose un spectacle à la fois simple sur sa forme et profond par son message. A travers le récit d’un enfant déraciné et partagé entre deux pays, la pièce explore la question de la langue, de l’exil, et de l’intégration culturelle. Créé dans le cadre du dispositif 4×4, ce seul-en-scène touche par l’économie de ses moyens qui renforce la portée de son projet et la générosité de son jeune interprète (et danseur !) Omar Salem, tout en pudeur, tendresse et sensibilité.

Sur le plateau, rien ou presque : deux ventilateurs et quelques draps fluides posés à terre. Et un jeune homme qui nous plonge dans l’histoire de Taym, arrivé en France à l’âge de 9 ans, d’un pays qui ne sera jamais cité mais qu’on devine en guerre. Taym ne comprend pas le français, qu’il compare à « du bruit« ; un bruit qui ne veut rien dire, qui ne forme pas de phrase, qui n’a pas de sens. Alors, à l’école ou à la maison, il décide de se taire et de s’isoler, seul réconforté par les enregistrements de la voix de sa grand-mère, restée dans son pays d’origine. Mais, progressivement, ses parents, sa maîtresse, ses camarades, lui tendront la main pour l’aider à apprendre cette langue inconnue, qui transformera cet exil en richesse et l’aideront à construire sa double identité.

UN RÉCIT TOUCHANT À HAUTEUR D’ENFANT

Ecrit par Simon Grangeat, « Au bout de ma langue » est un récit à hauteur d’enfants, qui touche par sa sincérité et sa simplicité. Construite comme un conte, entre introspection et anecdotes, la pièce questionne les difficultés de l’intégration culturelle et sociale (comment construire son identité dans un pays dont on ne connait pas la langue ? Comment grandir dans un pays où ses parents ne trouvent plus de place ? ) mais donne à entendre l’importance de savoir faire coexister plusieurs identités.

Pour donner corps et émotion au récit, la metteuse en scène Tal Reuveny privilégie la poésie à travers la transformation de quelques objets du quotidien et invite les spectateurs à ouvrir leur imaginaire, pour plonger dans le parcours de Taym, magnifiquement interprété par Omar Salem, un jeune comédien d’origine palestino-algérienne, formé au Conservatoire de Nanterre et de Saint-Germain-en-Laye. Tantôt frondeur, tantôt espiègle, toujours engagé et sensible, il offre une belle palette d’émotions, sans pathos ni excès dramatique, pour mieux donner à entendre le texte, rien que le texte.

Signé Elisabeth

AU BOUT DE MA LANGUE

Prochaine représentation : le mercredi 22 avril 2026 à 14h30 à la Mairie du 18e arrondissement de Paris

Crédit photos : Christophe Raynaud de Lage

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