
♥♥♥ Et si réinventer une pièce classique était la meilleure façon de lui donner un nouveau souffle ? Le Cid de Corneille, grand classique français, revisité par l’humoriste Caroline Vigneaux avec une belle surdose d’humour et une pleine pelletée de créativité a été rebaptisé Le Cid pète un câble.
« Il y a deux ans j’ai emmené, pardon trainé mes enfants au théâtre pour voir une pièce classique en alexandrins : L’Avare de Molière. “Vous allez voir, c’est drôle ! Faites-moi confiance !” Je pense que mes fils ont perdu toute confiance en moi dès la 3e minute de la pièce ! Pourquoi ? Ils ne comprenaient rien ! C’était comme s’ils assistaient à une pièce en latin. Ils n’avaient pas les réfs de Pierre Corneille ! Résultat des courses : mes fils ne veulent plus jamais aller voir une pièce classique “de leur life”. Moi qui voulais les initier je venais de les dégoûter. C’est là que m’est venue l’idée ! L’idée de réécrire une pièce classique, avec un langage plus accessible, afin de créer un pont entre ces vieilles pièces et ceux qui s’y ennuient (enfants, ados et même adultes). Comme une marche qui pourrait leur donner envie ensuite de voir l’originale, et de l’apprécier. Je me suis donc lancée dans une nouvelle aventure : écrire en alexandrins, produire une pièce et mettre en scène des comédiens. […] Pourquoi Le Cid ? Car c’est une pièce qui parle d’adolescents amoureux, d’honneur et de réputation. […] Pendant deux ans j’ai réécrit ligne par ligne, mélangeant la langue de Corneille à la mienne dans un respect (dé)constructif. J’ai coupé des passages, rajouté de l’humour et de la pédagogie (oui on apprend bien mieux en s’amusant), de la danse, de la vidéo, et même du rap […] mais j’ai gardé la structure, l’histoire, beaucoup de vers de la version originale afin de créer Le Cid qui pète un câble. »
Voilà comment l’autrice – metteuse en scène Caroline Vigneaux explique la genèse de son projet et sa conception originale de ce must du théâtre français. Pour se faire, de jeunes comédiens – Marie Bucher, Marion De Schrooder, Albin Duvert, Florian Schwob – très investis pour l’interprétation d’une multitude de personnages par eux quatre. Pour agrémenter leur jeu, des dialogues en alexandrins truffés de persiflage et de références contemporaines afin que l’intrigue soit accessible à tous. Des chorégraphies originales et des slams de Mc Solaar emballent le tout avec brio. Les décors et les costumes s’habillent de rouge, de noir et d’ironie.
Qu’en est-il de l’accueil des spectateurs ? Les jeunes comme les moins jeunes ont apprécié la réinterprétation très audacieuse de la tragédie emblématique de Pierre Corneille. Si tous ont adoré la prouesse littéraire et la mise en scène peu académique et pleine d’énergie de Caroline Vigneaux, la farce aurait été bien plus déjantée si la copie avait pris plus de distance avec la tragédie originale de Pierre Corneille. Joli moment de théâtre à partager en famille.
Le regard d’Isabelle
Théâtre des Mathurins. 36 rue des Mathurins. 75008 Paris.
Mardis, jeudis, vendredis, samedis à 19h
Jusqu’au 28 avril 2026
Durée : 1h30
Crédit / Copyright : © Justine Lephay


