
♥♥♥♥ Séverine (pseudonyme de Caroline Rémy, 1855-1929), écrivaine et journaliste féministe et libertaire, proche de Jules Vallès, nous livre le récit bouleversant de Lucie et Alfred Dreyfus dans leur combat acharné pour obtenir justice et honneur, au travers de la correspondance entre les deux époux. Au fil de ses articles, elle passera de l’intime conviction de la culpabilité de l’officier à celle de sa totale innocence.
Entre injustice, déchirement et courage, Si tu veux que je vive… (titre emprunté à une lettre d’Alfred à Lucie) de Marie-Neige Coche et Joël Abadie retrace les dessous de l’affaire Dreyfus, l’affaire d’État devenue le conflit social et politique majeur de la Troisième République, marquée par une importante montée du nationalisme et de l’antisémitisme.
« Dans ce climat délétère, le capitaine Alfred Dreyfus, de confession juive, est accusé à tort d’être l’auteur d’un bordereau attestant de la trahison d’un officier français au profit de l’Allemagne. Arrêté et condamné fin 1894, il est déporté sur l’île du Diable au large de la Guyane. Séparé de sa femme Lucie, il endure l’enfermement, l’injustice et l’humiliation, trouvant dans leurs lettres un fil de résistance et d’espoir. Tandis qu’il lutte pour survivre, Lucie et ses proches mènent un combat acharné pour prouver son innocence, soutenus par des figures comme Bernard Lazare, Émile Zola et le lieutenant-colonel Picquart. »
« La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. » (Émile Zola).
La sobre mise en scène d’Éric Cénat, dans un décor volontairement minimaliste, laisse place aux mots comme aux émotions. Au fil du triste déroulé des évènements, l’élégante tenue des jeunes mariés Dreyfus s’efface : le complet noir pour un caleçon et une chemise en toile de coton blanc, la robe longue de dentelle pour une robe noire à la coupe stricte. Joël Abadie, Lucile Chevalier et Claire Vidoni sont poignants de vérité dans cette bouleversante évocation de l’affaire Dreyfus, de sa dégradation à sa réhabilitation militaire.
Si tu veux que je vive… c’est (re)découvrir cette sombre page d’histoire de notre pays à travers les échanges épistolaires du couple Dreyfus, leur combat pour que l’innocence d’Alfred soit révélée au grand jour, pour la sauvegarde de son honneur et de sa mémoire. Une œuvre utile, voire nécessaire, en ces temps troublés.
Le regard d’Isabelle
SI TU VEUX QUE JE VIVE… LUCIE ET ALFRED DREYFUS
Théâtre Essaïon
6 rue Pierre-au-Lard, 75004 Paris
Du 21 janvier au 26 mars 2026, mercredi & jeudi à 19 h
Durée : 1 h 10
TOURNÉE 2026
. Théâtre Gérard-Philippe, Meaux (77)
Vendredi 13 et samedi 14 février à 20 h 30. Dimanche 15 février 2026 à 15 h 30
. Musée d’art et d’histoire du judaïsme. Paris 3e (75) :
lecture théâtralisée – lundi 16 mars
. Centre culturel Le Bouillon, Orléans (45)
Mardi 24 mars 2026 à 20 h 30
Crédit Photo Clémence Grenat


