
♥♥♥♥ Eva, très intelligente mais surtout très en colère, est une jeune pensionnaire du centre d’éducation fermé pour mineurs de Mont-de-Marsan. Abandonnée à la naissance, elle ne connaît rien de ses parents. Pourtant, ce jour-là, convoquée chez le notaire, elle reçoit son héritage : des dizaines de microcassettes et un dictaphone – la voix de sa mère sur des heures et des heures d’enregistrement. La guerre du Liban, le discours de Yasser Arafat à l’ONU, la chute du mur de Berlin… Anna Duval était reporter de guerre. Eva plonge alors dans toute une décennie de journalisme pour découvrir sa propre histoire.
Le Dernier Cèdre du Liban nous fait voyager de pays en pays, de conflit en confit pour nous dépeindre la réalité quotidienne des reporters de guerre en suivant Anna sur plusieurs terrains d’opération. Parallèlement, Eva est en quête de comprendre pourquoi sa mère l’a abandonnée à sa naissance.
Avec une scénographie minimaliste, les lumières rythment les changements d’espace et de temps et « servent cette histoire puzzle, s’imbriquant peu à peu dans l’esprit du spectateur, comme un lecteur découvrant des photos successives, tentant de comprendre une guerre qu’il ne verra jamais, mais qu’il pourra ressentir. » (Nikola Carton, metteur en scène). Les changements de personnages se font à vue, par le biais d’un simple accessoire ou vêtement à portée de main des comédiens. Les transitions, fluides et percutantes, rythment les conflits traversés : les guerres civiles du Liban et de Bosnie-Herzégovine, le chute du mur de Berlin, les discours d’Arafat…. La musique, ciselée et organique, renforce cette sensation, reflétant la guerre fantasmée depuis l’Occident et révélant la rage et l’amour qui animent ces deux femmes qui se ressemblent tant.
Comme Les Poupées persanes, Le Dernier Cèdre du Liban d’Aïda Asgharzadeh est un spectacle dense, intime et politique autour de l’absence, l’héritage et la quête d’identité. Le jeu des trois comédiens – Maëlis Adalle, Magali Genoud, Azeddine Benamara – est d’une justesse incroyable. Voilà du théâtre comme on l’aime. Vrai, généreux, excellent.
Le regard d’Isabelle
LE DERNIER CÈDRE DU LIBAN
Théâtre de L’Œuvre, 55 rue de Clichy, 75009 Paris
Du 11 septembre 2025 au 12 avril 2026
Durée : 1 h 15



Une mise en scène incroyable, des comédiens époustouflants, une histoire qui prend aux tripes! Il faut absolument aller voir ce bijou d’humanité pendant qu’il en est encore temps!
J’aimeAimé par 1 personne