
♥♥♥ Seul sur son trône, abandonné de tous, le pharaon Akhenaton se retrouve face à ses contradictions. Confronté à la haine de ses deux principaux ministres, il tente d’éviter un coup d’État. Père du monothéisme, il se bat contre les religions ancestrales et crée la première guerre de religion. Délaissé par son épouse Néfertiti, on veut l’éloigner de son fils Toutankhamon. C’est la dernière heure du règne du plus extraordinaire des pharaons. Sera-ce la fin de la XVIIIe dynastie égyptienne ?
Lors de sa montée sur le trône à 13 ans, héritier de la plus grande lignée des pharaons égyptiens, Amenhotep IV entend la voix d’un dieu qui se prétend unique, Aton, représenté par le soleil, précurseur de notre dieu contemporain. Cette révélation balaie de manière inattendue et soudaine l’ensemble des dieux millénaires égyptiens, menés en premier lieu par le puissant Amon et son clergé omnipotent et corrompu. En déclarant la guerre au clergé d’Amon, Amenhotep IV prend le nom provocateur d’Akhenaton. Une guerre sans merci éclate alors. Akhénaton : charlatan, fou ou messie ?
« Passionné d’histoire et amoureux des grands hommes, des révolutionnaires, des “chercheurs d’absolu”, de ceux qui se dépassent et élèvent l’humanité, j’ai une pure admiration pour Akhenaton et ce qu’il représente de témérité et d’abnégation. Cultivant la beauté, la poésie, l’amour, Akhenaton était aussi habité qu’imprévisible, torturé et tyrannique. Aussi entier que novateur, il alla jusqu’au bout de ses idées et imposa le culte du dieu unique, contre toute attente et se faisant ainsi l’ennemi de l’omnipotent pouvoir religieux en place. Un véritable raz-de-marée quand on se rappelle les traditions millénaires portées par ses prédécesseurs ! » confie Alexandre Delimoges, auteur et interprète d’un texte richement documenté (tout comme Gustave Eiffel en fer et contre tous, prix du meilleur auteur, Festival d’Avignon 2018).
Mis en scène sobrement par Robert Kiener, Alexandre Delimoges dans Pharaon Akhenaton le Maudit, autant passionné qu’émouvant, ne peut que toucher le public en lui contant l’incroyable destinée de ce dernier : il révolutionnera en son temps la religion (hésitation entre polythéisme et monothéisme), l’amour, l’art et la société. À la dernière heure de son règne, il se révèle un homme sensible et lucide, amoureux de son épouse Néfertiti qui le délaisse, proche de ses enfants, attentif au bien-être spirituel de son peuple… Il se dit efféminé, de constitution fragile, mal aimé par son père. A-t-il réussi sa vie à trop vouloir suivre une nouvelle divinité envers et contre tous ? Là est tout le questionnement posé dans son portrait psychologique qu’il dresse plan par plan et ses divers constats désolants. Ce seul en scène est autant admirable par la performance d’acteur – absolument bouleversante – que par l’érudition et l’authenticité du propos. Il nous offre d’approcher Toutankhamon, Néfertiti, Akhenaton, Ramsès… Passionnant, mais le texte est si dense qu’il est quelque peu difficile de retenir et d’analyser le kaléidoscope d’idées comme les allusions au général de Gaulle, au christianisme (enfer ou paradis ?) et les difficultés traversées par l’Église ces dernières décennies…
Pharaon Akhenaton le Maudit pour découvrir un homme épris de vérité et de spiritualité magnifiquement interprété.
Le regard d’Isabelle
Théâtre Le Petit-Louvre
23, rue Saint-Agricol – 84000 Avignon
Du 5 au 26 juillet 2025 à 11 h 45 (relâches les mercredis et jeudis)
Avant-premières Avignon : jeudi 3 juillet 2025 à 10 h, vendredi 4 juillet 2025 à 11 h 45
Durée 1 h 10


