ÇA SENT L’EUCALYPTUS – Festival IMAGO

Avec Marjolaine Pottlitzer, au Théâtre du Guichet Montparnasse (dans le cadre du Festival IMAGO), cela ne sent ni le roussi ni le sapin, seulement l’eucalyptus ! Et ça sent très, très fort.

Portrait d'une femme avec des cheveux blonds, souriante, sur un fond violet.

LE REGARD D’ISABELLE

Logo représentant des lettres 'C' en violet.

NOTRE AVIS 4/5 RÉSILIENCE !

Marjolaine Pottlitzer, jeune directrice d’une colonie de vacances, n’aurait jamais imaginé le cours de son existence chamboulé par la chute de la moitié d’un arbre, un Eucalyptus camaldulensis, sur sa colonne vertébrale. Oui, la moitié d’un arbre. C’est très long, très gros, et surtout très lourd. En souvenir éternel, cet improbable événement lui laissera à vie un handicap invisible, un planning de ministre composé essentiellement de rendez-vous médicaux sans oublier un traitement anti-douleur à la morphine et à l’opium 100 % pris en charge par la Sécurité sociale. Dans son seule en scène autobiographique, Marjolaine Pottlitzer ne se lamente pas sur sa destinée : elle raconte sa reconstruction physique et sa résilience avec humour, dérision et émotion. Pourquoi s’en prendrait-elle à la terre entière puisque nul n’est responsable de cet accident, sinon Mère Nature ? Elle nous apprend que les Eucalyptus camaldulensis ont la particularité de perdre sans craquage avant-coureur la moitié d’eux-mêmes pour mieux se régénérer ! Le tout est de ne pas avoir la malchance de se trouver en dessous parce que les incidences corporelles et psychologiques de se prendre une moitié d’eucalyptus dans le dos sont désastreuses. Et cela n’arrive pas seulement aux bûcherons…

Comédienne souriante sur scène, les bras levés, vêtue d’un costume noir et rouge près d’un chariot rouge.
Femme souriante en tenue noire et chapeau rouge sur scène, les bras ouverts devant des accessoires de spectacle.

Marjolaine Pottlitzer a coécrit son histoire avec François Szabowski, un témoignage riche d’informations insoupçonnées sur les handicaps invisibles et la résilience nécessaire pour les accepter. Son propos nous emmène d’un camping en Corse aux plages normandes jusqu’aux forêts d’Amazonie. Il est enrichi de moult détails sur sa vie quotidienne avec ses douleurs permanentes, ses difficultés à effectuer certains mouvements, le chemin parcouru des services de chirurgie aux séjours de rééducation, les démarches administratives insolubles pour la reconnaissance de son handicap… jusqu’à la rencontre de l’amour, la maternité et la résilience. L’écriture est rythmée et marquée par un humour grinçant et une autodérision assumée. Le propos est ponctué d’extraits de chansons françaises. Son interprétation et sa très jolie voix offrent des temps de respiration au public. La mise en scène d’Éric Desport donne la primauté au jeu. La présence de Marjolaine Pottlitzer dégage une énergie positive et lumineuse. C’est une femme forte et combattante, une héroïne qui suscite empathie et admiration.

Artiste assis sur scène, le poing levé, baigné de lumières rouges et vertes dans un nuage de fumée.

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