Le roman de Victor Hugo, le défi de Marion Bierry.
1793. L’année révolutionnaire, opposant monarchistes et républicains, contée avec panache et fantaisie sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse.

LE REGARD D’ISABELLE

NOTRE AVIS 4/5 REVOLUTIONNAIRE !
Quatrevingt-Treize (selon la graphie désirée par Victor Hugo) est l’année charnière de la Révolution française marquée par la Terreur et la guerre civile en Vendée entre les républicains, défenseurs de la Révolution, et les royalistes, partisans du retour à la monarchie. La famille et la souffrance des êtres, thèmes de prédilection de l’auteur, sont au centre de la tempête humaine. Les principaux personnages : le marquis de Lantenac, chef de guerre royaliste déterminé ; son neveu Gauvain, jeune chef républicain idéaliste ; l’ancien prêtre Cimourdain, révolutionnaire intransigeant, précepteur et père spirituel de Gauvain ; le sergent Radoub, sans-culotte parisien, adoptant les enfants d’une paysanne vendéenne. Au cours de ce récit dénonçant les excès de la violence révolutionnaire, chacun d’eux révèlera son élan d’humanité et d’héroïsme telle une invitation à réfléchir sur la notion de justice, la possibilité du pardon, la responsabilité individuelle face aux événements collectifs. Rester fidèle à ses principes sans renoncer à sa conscience ni légitimité la violence physique ou verbale, tel est souvent le dilemme.


Une fresque épique et révolutionnaire
À partir de mai 1793, la Convention siégea dans le théâtre des Tuileries : « Ce qui avait été le théâtre du roi devint le théâtre de la révolution ». Ce n’est pas cette réplique hugolienne qui incita Marion Bierry à porter sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse ce chef d’œuvre littéraire foisonnant (500 pages). Dans Quatrevingt-Treize, fidèle à la plume de Victor Hugo, tout est théâtral, les passions des cœurs comme les contradictions des convictions politiques, l’action bondissante comme la langue gouailleuse. La mise en scène d’une grande sobriété se présente tel un diaporama vivant. Des panneaux verticaux aux couleurs d’un ciel orageux, au fil de leurs déplacements sur le plateau, suggèrent les différents lieux dans lesquels se déroulent l’intrigue : un village, une prairie, un champ de bataille, la tour du château… Les faits historiques, les convictions politiques, les bénéfices de la Révolution de notre société (éducation, santé, droits de l’Homme…) et les sentiments humains n’ont besoin ni de décors ni de fioritures pour toucher les spectateurs. Quant à la distribution, elle est absolument remarquable : Pamela Ravassard ou Marine Montaut, Benjamin Boyer, Stéphane Bierry, Thomas Cousseau ou Julien Rochefort, Alexandre Bierry et Mathurin Voltz.
Un spectacle historique à la portée de chacun
Quatrevingt-Treize, spectacle haletant sur l’année clef de la Révolution Française, est révolté dans le fond et accessible dans la forme. Multiples répliques déclenchent des rafales de rires dans la salle. Les incessants rebondissements retiennent l’attention de tous d’un bout à l’autre de ce récit épique. Il n’est donc pas nécessaire ni d’avoir lu le roman, ni d’être un fervent passionné d’Histoire pour apprécier l’adaptation scénique du dernier roman de Victor Hugo par Marion Bierry. Le tout est d’une prouesse magistrale. ◼


TITRE
Quatrevingt-treize
LIEU
Théâtre de Poche Montparnasse
GENRE
Théâtre
HORAIRES
Du mardi au samedi à 21 h – le dimanche à 17 h
DURÉE
1 h 35
DATE DE FIN
Jusqu’au 10 janvier 2027