Deux pépites à ne pas manquer
La programmation 2026 du Festival Paris l’été regorge
de rendez-vous artistiques et culturels. Voici deux nouvelles découvertes
enthousiasmantes, glanées ces derniers jours.

le billet de véronique

NOTRE AVIS 4/5
VIVALDINES (20 minutes)
Qui aurait cru que Les Quatre Saisons de Vivaldi, nées il y a trois cents ans, pourraient se réinventer sous les traits du hip-hop contemporain ? C’est le pari relevé par Amalia Salle, jeune chorégraphe d’origine argentine, qui compose pour cinq jeunes femmes d’aujourd’hui une pièce portée par l’énergie de cette danse urbaine et la volonté affichée de brouiller les frontières entre les genres.
La salle du Forum, au murs couverts de fresques, offre un écran somptueux à cette relecture résolument moderne de ce chef-d’œuvre baroque. Jean et débardeur de rigueur, les cinq interprètes font preuve d’une belle synergie. Aucune mièvrerie dans leur attitude, mais au contraire une rage de vivre qui se manifeste à travers leurs déplacements, souvent frontaux, leurs mouvements toujours expressifs, leurs interactions très enjouées. Le tout porté par les notes virevoltantes de Vivaldi, comme si trois siècles s’abolissaient soudain dans un même élan vital.
Quelques jours encore pour découvrir les Vivaldines dans l’espace public, et c’est gratuit !


STUCK (40 minutes)
Là encore, cinq interprètes féminines, de physique et de style différents, mais aux personnalités bien affirmées. Mais cette fois, elles s’appuient sur le whacking, cette danse de libération née dans les années 1970, dans les clubs LGBT de Los Angeles. Pour sa première création chorégraphique, née lors du confinement, Mounia Nassangar, artiste multidisciplinaire (danseuse, mannequin et DJ), a voulu montrer la manière dont le corps peut s’exprimer quand les mots restent « coincés » (stuck en anglais). La mise en place des danseuses est assez lente (elles prennent des poses, vaquent à leurs occupations), mais lorsque leurs corps se mettent en branle, rien ne semble pouvoir les arrêter comme dans une longue transe.
Malström d’émotions
Tout dans l’attitude, les mimiques et les gestes des interprètes affirment leur confiance en elles et leur déterminaton. Fières, le corps bien droit, elles nous font face. Puis leurs mouvements s’enchaînent avec une précision et une synchronisation remarquables, alternant les « whacks » (mouvements des bras exécutés de manière rapide et énergique), les « rolls » (rotations fluides des bras) et les « poses » (arrêts sur image, très cinématographiques). Cette succession de fureur gestuelle et de grâce figée donne à la pièce toute sa théâtralité : les corps parlent quand la voix se dérobe, retrouvant dans la danse cette liberté d’expression que la société leur refuse.
La chorégraphe a fait le choix de musiques house, électro et hip-hop. Les mots sont parfois scandés (comme dans un prêche) ou crachés, illustrant la puissance des émotions ressenties. Lorsque la musique s’arrête, on respire enfin. Libérés. ◼


TITRE
Vivaldines
LIEU
Voir programmation
DURÉE
20 minutes
DATE DE FIN
Jusqu’au 4 août 2026