
♥♥♥♥ Durant l’été 1857, Charles Dickens, le plus célèbre écrivain de son époque, reçoit la visite de Hans Christian Andersen, le plus grand conteur du monde. Le premier est droit, rationnel, patriarcal ; le second est fantasque, encombrant, exubérant et profondément libre. Et ce qui devait être à la base un court séjour de courtoisie devient un véritable cauchemar pour l’écrivain anglais qui subit les maladresses et l’imagination débordante de son invité danois.
Pendant son séjour, Hans se lie d’amitié avec Henry, le fils de Dickens, et lui raconte en musique ses contes fabuleux à travers de savants jeux d’ombres et de lumières. Émerveillé, le timide Henry voyage dans un autre monde peuplé de personnages magiques aux destins incroyables, et apprend les leçons de vie qui lui manquaient pour mieux s’affirmer. Mais ces histoires ne plaisent pas à Dickens qui prêche dans son foyer des leçons de vie bien plus réalistes…
« C’est au musée Hans Christian Andersen à Odense, sa ville natale, que j’ai découvert une anecdote aussi méconnue qu’incroyable : pendant cinq semaines, Andersen a vécu chez Charles Dickens. Deux géants de la littérature réunis sous le même toit. Mais alors que l’un vivait un conte de fée, l’autre subissait un cauchemar dans sa propre maison. Ce contraste m’a tout de suite fasciné. Il évoque les grandes comédies de mœurs, où deux personnalités que tout oppose sont forcées de cohabiter. D’un côté, Dickens, figure imposante la société victorienne, patriarche sévère et écrivain adulé. De l’autre, Andersen, grand enfant excentrique, inadapté mais profondément sincère, qui débarque avec ses valises pleines de contes et d’enthousiasme… dans une maison qui n’était pas prête. » confie François Descraques, auteur de cette joyeuse comédie musicale et du livret dans laquelle les contes d’Andersen prennent vie en chansons. « Les contes ne sont pas que pour les enfants. Ils sont des passerelles. Des clés pour comprendre ceux qu’on aime. Et parfois, pour apprendre à s’aimer soi-même. » En somme, l’imaginaire tisse nos liens sociaux et façonne nos personnalités, nos relations, nos objectifs… et nous permet de créer du lien entre les générations.
Entre comédie domestique et épopée onirique, Fabuleux ! fait exister la magie de l’imaginaire d’un enfant dans le monde figé des adultes tel le salon bourgeois des Dickens où le mobilier et la décoration respirent l’ordre, la tradition et la bienséance victorienne. Sous l’impulsion d’Andersen, ce lieu se révélera l’antre des contes et du merveilleux par l’entremise d’ombres chinoises, projections mouvantes, jeux de lumière et chansons déjantées. Parallèlement, se joue la relation des auteurs d’Oliver Twist et de La Reine des Neiges qui doivent cohabiter pour devenir le modèle d’un enfant. La magie d’Andersen finira par contaminer le foyer de Dickens, jusqu’à fissurer ses certitudes paternelles et ouvrir ses bras à son fils. Coup de chapeau à la mise en scène enlevée de Valentine Roux et François Descraques, comme à la scénographie. Magnifique !
Fabuleux ! C’est aussi une comédie musicale. Les paroles des chansons totalement loufoques de PV Nova sont interprétées sur des mélodies de divers styles : improvisation, hip hop, rap… « Peu importe la partition, pourvu qu’on ait l’émotion ! » Sans oublier la réflexion et le rire. Les duos sont explosifs, les solos sont fantastiques (ceux de la Reine Victoria et de Catherine, l’épouse de Dickens sont immanquables). Quant à Loïc Bartolini, Simon Froget-Legendre, Sara Sousa et Salomé Talaboulma, ils sont extraordinaires de talent.
Ce spectacle familial tout en couleurs et à l’imaginaire débordant est à la fois drôle et émouvant. En un mot : Fabuleux ! c’est Fabuleux !
Le regard d’Isabelle
FABULEUX !
15 rue du Retrait – 75020 PARIS
Du 8 au 10 juin 2026
Lundi et mardi ► 19h
Mercredi ►14h30
&
Théâtre des Gémeaux – Salle du Dôme – Avignon
Du 4 au 25 juillet 2026 à 9h45 – relâche les 8, 15, 22 juillet
Durée : 1h15
À partir de 6 ans
© Inanis


