
♥♥♥ Happée nuit et jour par le Net, Max se croit pleinement épanouie dans sa vie régie par les nouvelles technologies. Trentenaire à l’allure sportive hyperconnectée, elle est totalement addicte. Brusquement, elle se retrouve enfermée dans un huis clos, coupée de ses repères numériques lorsque Leo, son cher et tendre assistant vocal, ne répond plus. Plus de notifications. Plus d’amitiés virtuelles. Plus de flux. Plus d’algorithmes pour décider à sa place. Lorsque la panne est déclarée, coupure absolue avec tout lien connecté ! Montent en Max un immense sentiment de solitude et une incroyable angoisse par la perte de ses repères. Crise de nerfs en vue mais Leo reprend miraculeusement du service, pas ses écrans. Va-t-il pouvoir l’aider à sortir de son propre isolement pour se rendre à son audition, elle qui rêve de devenir danseuse professionnelle ?
Algorithme est un seule en scène qui devise autour de nos vies régentées par algorithmes (titre oblige), ordinateurs, smartphones, tablettes, assistants vocaux, montres et enceintes connectées, intelligence artificielle… Si le Max de la chanson prétend être libre et indépendant, celle de ce spectacle est loin de l’être. Le propos futuriste d’Émilie Génaédig est souvent hermétique, parfois même confus, dont il ne se dégage aucune émotion. Comme de tous ces appareils dont s’entoure son héroïne. Trop de complexité dans le style pour énoncer des banalités sur l’envahissement de nos existences par un monde trop connecté. Pourquoi ne pas avoir confronté Max au retour à la vraie vie avec les difficultés de réintégration en se frottant aux autres avec leurs humeurs et leurs exigences ? Dommage, le point de départ était explicite et intéressant.
À sa décharge, Max converse en permanence avec son assistant vocal (toutes les répliques de Léo sont issues de conversations réelles avec des assistants vocaux existants). Il est impossible de prétendre avoir un échange constructif et captivant avec un tel interlocuteur. Les écrans et les nouvelles technologies ne peuvent en aucun cas être un remède à un enfermement sur soi-même, le risque d’addiction est grand et des conséquences délétères assurées. Le tout est de trouver le bon dosage de leur utilisation dans notre quotidien. Algorithme, quand tu nous tiens…
La mise en scène de François Bourcier autour d’un lit aux dimensions royal king est incroyable par sa créativité lumières et sonore. Quant à l’interprétation de Barbara Lambert, elle est absolument sensationnelle dans sa performance physique chorégraphiée à la perfection et son jeu saisissant de justesse.
Le regard d’Isabelle
ALGORITHME
Théâtre des Gémeaux Parisiens – Rue du Retrait, Paris 20e
Jeudi 4 juin, à 21 h
Vendredi 5 juin, à 19 h
Samedi 6 juin, à 17 h
Dimanche 7 juin, à 15 h
Du 3 au 25 juillet 2026 à 12h30 – Relâche les 5, 12, 19 juillet
Durée : 1 h 10
À partir de 12 ans
© Photo : Pedro Lombardi


