
♥♥ Victor Lustig (né Robert Miller), le plus grand arnaqueur du XXe siècle, voyage entre Paris, New York et Londres. Il dédaigne les règles des paris hippiques et des jeux d’argent pour faire siens tous les stratagèmes imaginables pour s’enrichir au détriment des riches croisés sur son chemin. Pour mener à terme ses « affaires » des plus douteuses, il prendra une cinquantaine de patronymes différents. Son arnaque la plus énorme : vendre la tour Eiffel. En 1925, la vieille Dame de Fer est au plus mal, la municipalité envisagerait sa démolition. Victor Lustig a alors l’incroyable idée de se faire passer pour un employé haut placé du ministère des Postes et des Télégraphes. Il propose aux cinq plus gros ferrailleurs de la capitale de racheter la tour Eiffel en pièces détachées… Marché juteux qui doit rester secret pour éviter une tempête médiatique nationale. L’un d’entre eux, André Poisson, accepte la proposition et lui règle les 70 000 francs sans même discuter le montant faramineux.
La comédie musicale Victor Lustig, L’homme qui vendit la tour Eiffel nous conte le parcours de ce personnage rocambolesque. Dommage qu’il faille patienter jusqu’au troisième et dernier acte pour enfin apprendre comment notre arnaqueur professionnel s’y est pris pour vendre la tour Eiffel ! Dans les deux précédents actes sont détaillées ces différentes arnaques d’une manière qui ne retient pas toute l’attention du public. Et pourtant, les costumes luxueux à foison nous plongent dans les extravagances des Années folles. L’habillage lumière du fond de scène est absolument magnifique comme la créativité des illusions d’optique (l’ascenseur, la voiture…). Les onze artistes pluridisciplinaires jouent la comédie, chantent en live des chansons originales, dansent le charleston et font des claquettes. C’est la mise en scène d’Elsa Bontempelli qui manque de rythme et de rebondissements. S’ajoute un entracte bien trop long qui entrave plus encore le déroulement du spectacle. Est-il nécessaire ? Heureusement, la musique de Jacques Offenbach revigore la salle en fin de représentation. Dommage que le même entrain n’ait pas traversé tout le spectacle.
Le regard d’Isabelle
VICTOR LUSTIG, L’HOMME QUI VENDIT LA TOUR EIFFEL
Bobino – 14-20, rue de la Gaité – 75014 Paris
Du 22 octobre 2025 au 21 janvier 2026


