
♥♥♥♥ 1892. Rouen. Claude Monet s’enferme plusieurs mois au-dessus d’une boutique de lingerie et de mode pour peindre la cathédrale aux différentes heures de la journée. Mais l’obscurité et le doute l’ont envahi. Il est alors rejoint par une jeune modèle de la boutique, venue passer un corset. Elle l’exaspère, l’insupporte, perturbe son quotidien. Au fil des jours, Camille – c’est son prénom, le même que celui de sa chère épouse morte il y a quinze ans – lui rendra la grâce de l’inspiration.
Dans les yeux de Monet est d’un grand esthétisme pour la vue comme pour l’audition. L’auteur Cyril Gély aborde l’inspiration du peintre impressionniste à travers ses affres nourris par le deuil, le doute et la dépression. L’intrigue nous transporte dans son atelier temporaire installé au-dessus d’une boutique de mode, sa grande baie vitrée donne sur la façade de la cathédrale de Rouen. Tous les sentiments humains sont abordés avec tendresse, poésie, humour et justesse.
Le jeu des comédiens est époustouflant de vérité : Clovis Cornillac en Monet tourmenté ; Maud Baecker en jeune modèle pleine de fraîcheur ; Éric Prat en marchand de tableaux poignant. Par leur talent, tous trois subliment leur personnage haut en couleur au fil du cheminement des humeurs de Monet. Ils plongent le public au cœur de son incessante quête de saisir la lumière de l’instant sur sa fameuse série de toiles.
Les costumes sont éblouissants de justesse et d’une grande vérité comme le décor sublimé par les jeux de lumière. Le tout est majestueux, grandiose. La mise en scène intimiste de Tristan Petitgirard est tout en subtilité. Elle transcende l’émotion de la création et des sentiments pour mieux façonner une ode à la beauté de l’art de la peinture et des âmes humaines. L’exposition finale des tableaux de la cathédrale et la projection des œuvres sont d’une grande beauté. D’un bout à l’autre, la scène est lumineuse.
Dans les yeux de Monet offre une belle immersion dans l’esprit créatif du peintre Claude Monet, riche en émotion et en poésie pour les yeux comme pour le cœur.
Le regard d’Isabelle
Théâtre de la Madeleine
19, rue de Surène – 75008 Paris
Jusqu’au dimanche 24 novembre 2024
Durée : 1h30
Crédit / Copyright : © Cyril Bruneau


