FESTIVAL OFF AVIGNON 2024 – L’ABOLITION DES PRIVILÈGES – THÉÂTRE DU TRAIN BLEU (vu THEATRE 13 BIBLIOTHÈQUE)

♥♥ Été 1789. Après la prise de la Bastille en juillet, lÉtat français, où les plus riches échappent à l’impôt, est en déficit chronique . Le régime est à bout de souffle, le peuple réclame justice mais ne voit rien venir. À Versailles, dans la nuit du 4 août, les députés de la jeune Assemblée nationale rédigent et votent un décret abolissant les privilèges accordés à la noblesse et au clergé, sans oublier ceux des provinces… Sera-t-il signé par le roi Louis XVI et mis en application dans l’ensemble du royaume de France ?

Après Je m’en vais mais l’État demeure, Hugues Duchêne, metteur en scène, et la compagnie Le Royal Velours présentent l’adaptation du roman historique de Bertrand Guillot L’Abolition des privilèges. Maxime Pambet incarne tour à tour une dizaine de députés (Duquesnoy, Delaville, Noailles, le Chapelier, de Kerangal et le jeune Talleyrand) dans un espace quadri frontal où siègent la noblesse, le clergé et le tiers état. Ces hommes (aucune femme n’étant alors admise dans le lieu) écriront une belle page d’histoire au cours d’une seule nuit : l’abolition de tous les privilèges (droits seigneuriaux, dîme (payée uniquement par les paysans à l’Église, privilèges des villes et des provinces, renoncement des charges administratives…) et le projet de la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

L’Abolition des privilèges est une formidable leçon d’histoire et de politique. Le style est vif, le récit édifiant, le ton haletant. Maxime Pambet nous fait revivre (partiellement) avec brio débats et rebondissements de cette nuit historique. Si la mise en scène d’Hugues Duchêne est bouillonnante, suivre attentivement la pensée des différents députés n’est pas toujours aisé du fait du choix d’un seul comédien pour l’interprétation de tous les personnages (L’interprétation polyphonique est si commune depuis quelques années que cela me donne la franche envie de fuir à l’avenir toute création ayant un unique interprète aussi talentueux soit-il). Quant à la digression du propos sur notre monde moderne, y soulignant la subsistance de privilèges (et les aléas de la contraception masculine ??!!), comme si nous étions inaptes à les remarquer par nous-mêmes, casse le rythme de la seconde partie du spectacle.  

Sur le chemin du retour après la représentation de L’Abolition des privilèges, j’imaginais Maxime Pambet en professeur d’histoire féru de théâtre, donnant un cours devant ses étudiants amusés. Plus encore, j’avais la désagréable impression de sortir moi-même d’un cours et non d’un théâtre. Pour compenser le fait d’être passée à côté d’un déferlement d’informations essentielles, j’ai ressenti la pressante envie de me plonger tout de go dans la lecture réfléchie du roman historique éponyme de Bertrand Guillot.

Le regard d’Isabelle

27 juin 2024 – Festival de Malaz (74)


03 au 21 juillet 2024 – Festival off d’Avignon – Théâtre du Train Bleu (84) – salle de la MAIF (16h05 – départ navette 15h35)

Puis Théâtre du Chevalet – Noyon, Théâtre d’Angoulême, Théâtre des Célestins – Lyon, Maison des Arts du Léman – Thonon, Château Rouge – Annemasse, Le Phénix – Valenciennes, Maison de la Culture d’Amiens, L’Odyssée – Périgueux…

Durée : 1h15

Laisser un commentaire