STARMANIA – LA SEINE MUSICALE

♥♥♥♥♥♥ et tant d’autres étoiles. Quel cadeau d’anniversaire pour les 10 ans du blog ! Éblouissant Starmania, signé Thomas Jolly, qui sublime l’opéra rock culte des années 1970 avec une virtuosité magistrale. On aurait pu seulement passer une belle soirée à réécouter « live » des tubes qu’on écoute depuis toujours. Mais non, la soirée fut autrement plus magique, et on a chaviré de plaisir devant ce spectacle qui tient la promesse attendue : rendre l’œuvre encore un peu plus intemporelle.

Sens des images, sens du rythme, sens des mouvements, sens des lumières. Bref, indiscutablement, le sens du show ! Starmania 2023 fera date. D’abord parce que c’est beau, infiniment beau, et que le spectacle est aussi maîtrisé techniquement (voix, musique, chorégraphies, interprétation, mise en scène) que totalement inspiré. Le metteur en scène Thomas Jolly propulse l’opéra rock de Michel Berger et Luc Plamandon dans une nouvelle dimension à la fois grandiose, que l’œuvre désormais « classique » mérite, et intimiste, tant l’épaisseur narrative de chaque personnage est travaillée. « Plus qu’une nouvelle version, c’est un retour à l’intention première de Starmania, sa dramaturgie, sa dimension tragique que le public pourra découvrir », font savoir les créateurs du show version 2022.

Alors, qu’écrire sinon égrener un à un tous les atouts du spectacle ? À commencer par le casting, admirable, qui réunit une pléiade de jeunes talents franco-québécois (David Latulippe, Gabrielle Lapointe, Alex Montembault, Côme, Lilya Adad, etc.) pour la plupart inconnus du grand public, qui offrent des prestations de très haut vol. Le risque était d’être écrasé par le poids des tubes intergénérationnels mais, outre les qualités vocales exceptionnelles, tous parviennent à donner une épaisseur dramatique à leurs personnages, sous la houlette de Thomas Jolly, qui permet ainsi de « muscler » la trame narrative et de faire encore mieux résonner la modernité de l’œuvre (montée des extrêmes, les débuts d’un combat écologique, le désir de célébrité, la question du genre, les tensions urbaines.. ).

Les chorégraphies signées Sidi Larbi Cherkaoui sont également sublimes. On est ultraséduits par l’énergie, la rythmique, la sensualité des 12 danseurs sur scène et leur capacité à coller à la partition (à noter le flamboyant tableau des Étoiles noires, emmené par Côme/Johnny Rockfort, ou la séquence glam-rock « On danse à Naziland »). À cela, les effets spéciaux bluffants, le jeu (vraiment) époustouflant des lumières qui vous en envoie plein les mirettes (attention aux personnes photosensibles malgré tout), la belle modernité des séquences video, de monumentaux décors en action, l’esthétisme des costumes signés Nicolas Ghesquière, directeur artistique de Louis Vuitton, et les musiciens live en bord de scène finissent de vous embarquer dans ce grand show flamboyant et incroyablement séduisant.

Signé Elisabeth

STARMANIA

La Seine Musicale, Ile Seguin, Boulogne-Billancourt
Jusqu’au 28 janvier 2024, puis en tournée en France jusqu’au 18 juin 2024

Crédit photos : Anthony Dorfmann

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