
♥♥♥ Histoire vraie ou destins fabulés ? Imaginez un journaliste genevois, Jean-Louis Martinez, dont les poèmes de jeunesse se retrouvent, à son insu, dans la presse chilienne lors du grand plébiscite démocratique de 1988, signés par un homonyme quasi parfait, Juan Luis Martínez (avec acento agudo sur le « i »). Imaginez une jeune Suissesse qui rencontre un chercheur en littérature canadien enquêtant précisément sur le vertigineux poète de Valparaíso. Hasards inimitables de la vie, jusqu’au moment où les trajectoires s’entrechoquent.
Ce formidable tour de passe-passe littéraire entre le poète chilien Juan Luis Martínez et le Genevois Jean-Louis Martinez est inspiré d’une histoire extraordinaire véridique dont vous comprendrez que je m’abstiendrai de dévoiler les détails dans cette chronique. Par contre, vous les découvrirez si vous assistez à l’une des représentations de ce spectacle bien singulier où il est question de destins entremêlés, de récits personnels, de rencontres dues au hasard et de création littéraire.
Tous les poètes habitent Valparaiso nous plonge dans les répétitions d’une pièce de théâtre lors desquelles s’entremêlent enquêtes personnelles et recherches universitaires pour révéler au fur et à mesure de son déroulé toutes les clés de l’énigme. Trois comédiens (Fabien Coquil, Karim Kadjar et Aurélia Thierrée) jouent avec justesse une multitude de personnages qu’ils s’échangent parfois. Les récits, les époques et les géographies se juxtaposent sans cesse pour enrichir le récit (au risque de dérouter) jusqu’à la résolution de l’énigme où tout s’éclaire.
Si on peut regretter des longueurs dans le texte de Carine Corajoud (écrit en collaboration avec Dorian Rossel), on a apprécié la mise en scène de Dorian Rossel par son utilisation de l’espace et les éléments du décor – des panneaux et des sacs à provisions – aux couleurs emblématiques des murs des maisons des collines de la ville chilienne.
Le regard d’Isabelle
TOUS LES POÈTES HABITENT VALPARAISO
Théâtre Transversal
10, rue d’Amphoux – 84000 Avignon
Du 7 au 29 juillet 2023 à 11 h sauf les mercredis.
Crédits photo Daphné Bengoa


