C’EST ENCORE MIEUX L’APRÈS-MIDI – THÉÂTRE HÉBERTOT

affiche-cest-encore-mieux-lapres-midi♥♥♥♥Dans le bel Hôtel de l’Hémicycle, tout proche de l’Assemblée Nationale, M. Machalier, célèbre député, se prépare à un après-midi coquin avec une secrétaire du Premier ministre au lieu d’assister à un débat parlementaire de la plus haute importance. Mais la présence de sa femme dans le même hôtel et la maladresse chronique de son assistant vont déchaîner les catastrophes et une série de quiproquos de plus en plus délirants.

« C’est encore mieux l’après-midi » est sans aucun doute la comédie la plus hilarante de l’anglais Ray Cooney. L’adaptation par Jean Poiret n’a pas pris une ride. La mise en scène de José Paul est d’une précision magistrale qui fait mouche à chaque scène, elle ne laisse aucun temps mort ni aux comédiens, ni aux spectateurs. Une mention spéciale pour toute la troupe – Pierre Cassignard, Lysiane Meis, Sébastien Castro, Guilhem Pellegrin, Pascale Louange, Guillaume Clérice, Rudy Milstein, Anne-Sophie Germanaz – où chacun excelle et pétille dans son rôle quelle que soit son importance.

Ce vaudeville offre au théâtre du Boulevard ses lettres de noblesse et au public un divertissement au rythme endiablé. Catastrophes et situations cocasses en cascades. Explosions de rires de bout en bout grâce à des répliques ciselées et un humour sans aucune vulgarité. Déferlements d’applaudissements mérités aux changements de décor et au baisser de rideau final.

Allez au théâtre Hébertot en après-midi ou en soirée, une heure trente de pur bonheur assuré. N’oubliez pas vos mouchoirs : vous allez pleurer de rire !

Le regard d’Isabelle

C’EST ENCORE MIEUX L’APRES-MIDI

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles – 75017 Paris – Métro : Rome (ligne 2) – Villiers (lignes 2 et 3).

Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 16h30, le dimanche à 15h00.

Jusqu’au 26 mars 2017

Crédit photos : Lot

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STAVANGER – STUDIO HÉBERTOT

vz-67cab3e7-5327-4c51-8808-ed25f02145d1♥♥ L’avocate Florence Bernstein vient de convaincre un jeune homme, Simon, de ne pas rester allongé sur les rails du quai n° 5. Choqué, désemparé, il accepte de la suivre chez elle. Dans cet appartement très chic, tout de noir et d’argent, où elle lui offre du champagne et du foie gras il est comme perdu. Elle est élégante, calme, sereine. Il a froid, est replié sur lui-même, nerveux, instable. Elle semble savoir quelque chose qu’il ignore. Le temps semble suspendu. Ils ont quelques heures pour échanger sur leur vie, leur passé, et pourquoi pas sur leur avenir jusqu’à ce qu’ils se trouvent un point commun : la ville portuaire de Stavanger en Norvège. Une coïncidence ?

Si la première pièce d’Olivier Sourisse révèle une écriture ciselée ménageant des rebondissements et une fin troublante ; une direction (Quentin Defalt) comme une interprétation d’acteurs remarquables (Sylvia Roux et Thomas Lempire) ; une très belle qualité esthétique de la lumière et de la bande son, ce secret de famille enfouit sous un amoncellement de non-dits est lourd autant à dévoiler qu’à partager par le public. Ces deux écorchés vifs, qui ont tant de zones d’ombres à divulguer, sont trop verbeux et sans optimisme dans l’avenir. Quant au final, il est si surprenant qu’on lui accorde difficilement de la crédibilité. Aussi, cet embarquement pour Stavanger ne nous a pas pleinement conquis.

Le regard d’Isabelle

STAVANGER

Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles – 75017 Paris (métro : Rome, Villiers)

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h.

Jusqu’au 29 avril 2017.

Durée : 1h15

Crédit photos : Patrick Courtois 

EXERCICES DE STYLE – COMÉDIE DE PARIS

exercices-de-style_2502_image_0x1200♥♥♥ C’est un fait divers insignifiant raconté de 99 manières différentes : l’Autobus arrive. Un homme monte. Il écrase le pied d’un autre voyageur. Une querelle éclate. Puis il est question d’un bouton de pardessus devant la gare Saint-Lazare. Cette histoire banale est surtout l’occasion pour Pierre Ollier, Guillaume Van’t Hoff et Michel Abecassis (qui signe l’adaptation comme la mise en scène riche en trouvailles) – armés de trois chaises, trois valises et de trois chapeaux melons – de délirer, chanter et percuter le texte de Raymond Queneau en se faisant tour à tour ignare, philosophe, bègue, gourmet, mathématicien, religieux, percussionniste… et un peu frères Jacques. Un défilé de personnages plein d’enchantement plus vrais que nature assuré par des acteurs dont la performance est souvent bluffante. Plusieurs scènes sont jubilatoires, voire inoubliables pour le public. Ces exercices de style méritent un 20/20.

Le regard d’Isabelle

EXERCICES DE STYLE

Comédie de Paris, 42 rue Pierre Fontaine, 75009 Paris (métro Blanche ou Pigalle)

Les mardis et mercredi à 19h15 jusqu’au 29 mars 2017

Durée : 1 heure 

 

ABIGAIL’S PARTY – THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE

aff-abigail-s-party-sd ♥ Dans la banlieue de Londres, au cœur des années 1970, Beverly et son mari Peter reçoivent Angela et Tony, un jeune couple qui vient d’emménager dans le quartier. Susan, en voisine, se joint à cette soirée pour trouver refuge loin de la « party » organisée par sa fille Abigail. À ce dangereux jeu social de l’être et du paraître, combien de masques tomberont ? Et jusqu’où la vérité sera-t-elle mise à mal?

Le temps d’une soirée entre voisins, le vide existentiel de ces cinq personnages nous est conté. Le texte de Mike Leigh se voudrait caustique, drôle parfois. Il est médiocre souvent, riche en lieux communs toujours.

Cette longue et interminable soirée, mise en scène par Thierry Harcourt, est d’une banalité absolue. Certains voudraient y voir un chef d’œuvre british cruel à souhait ; nous n’avons ressenti qu’un ennui profond où la dimension dramatique apparaît enfin le dernier quart d’heure sans glissement au fil des scènes. Quant aux comédiens au bord de la dépression, ils pourraient mieux faire pour mener à bien ce jeu de massacres arrosé au gin-tonic en criant moins et en interprétant plus.

Dans le même genre, Edward Albee a fait beaucoup mieux… Qui a peur de Virginia Woolf ? Cela vous rappelle des souvenirs ?

Si vous n’assistez pas à cette Abigail’s party, vous ne perdrez pas grand-chose. Tel est notre humble avis et des spectateurs qui étaient de part et d’autres autour de nous.

Le regard d’Isabelle

ABIGAIL’S PARTY

Théâtre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris (métro Montparnasse)

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h • Jusqu’au 16 juillet 2017

Crédit photos : Victor Tonelli

Abigail's party (Thierry Harcourt 2017)

Abigail's party (Thierry Harcourt 2017)

 

COMPARTIMENT FUMEUSES – STUDIO HÉBERTOT

f227a9_1019322b185c41008d3c02232d5b1307-mv2♥♥♥ Une maison d’arrêt pour femmes. Le temps dans les cellules est rythmé par le bruit des clefs et le claquement sec d’un œilleton qui retombe. Suzanne, délinquante rebelle aux allures de caïd, fait régner l’ordre « chez elle », jusqu’au jour où, contrainte et forcée, elle accueille sa nouvelle « colocataire », Blandine de Neuville, prévenue en attente de son procès aux Assises. Ce « beau linge » est professeur de français. Une belle amitié éclot (voire plus) entre ces deux femmes que rien socialement n’aurait dû rapprocher sous l’œil jaloux de leur surveillante. L’une et l’autre vont se reconstruire au fil de leur amour imprévu dans une promiscuité carcérale étouffante.

Ce huis clos à la fois réaliste et pudique écrit par Joëlle Fossier et mis en scène par Anne Bouvier avec beaucoup de sobriété est interprété avec autant d’âpreté que d’humour par Bérengère Dautun, Sylvia Roux et Florence Muller. Beau moment d’humanité et d’espoir dans un monde pénitentiaire brutal et sans avenir.

Le regard d’Isabelle

COMPARTIMENT FUMEUSES 

Studio Hébertot, 78 Bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris (métro : Rome)

Tous les dimanches à 19h30 jusqu’au 9 avril 2017.

Crédit photos : Landre Béatrice 

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