LE HORLA – THEÂTRE MICHEL

theatremichel-horla-sanslogo-198x300♥♥ Un homme semble sombrer peu à peu dans la schizophrénie, persuadé qu’un être invisible vit près de lui et se nourrit de sa vie pendant son sommeil. Est-il victime d’hallucinations, devient-il fou, ou bien est-il la première victime d’un être surnaturel ?
Le Horla – nouvelle fantastique de Guy de Maupassant écrite en 1887 sous la forme d’un journal intime – nous est présenté ‘‘telle quelle’’ sur la scène du Théâtre Michel. Comme son auteur l’avait prédit avant même sa publication, les frissons dans le dos sont garantis.
Seul en scène, Florent Aumaître est saisissant de vérité dans cette œuvre complexe dans laquelle le personnage assiste au naufrage de sa propre raison. En un mot, magnifique, époustouflant, magistral. Un doute persiste : est-il vraiment seul ?
On a regretté la scénographie ultra épurée de Slimane Kacioui et le décor minimaliste (une chaise et un tréteau). Ce texte n’était pas destiné initialement à la scène, quelques coupures dans le texte original aurait permis de gagner en intensité. A ne pas manquer néanmoins pour la performance d’acteur et la beauté du texte. ♦ 
Le regard d’Isabelle
Théâtre des Mathurins, 38 rue des Mathurins, 75008 Paris (métro Havre-Caumartin)
Les mardis et mercredis à 19h00. Dates supplémentaires : jeudi 4, vendredi 5 et samedi 6 mai à 19h00
Durée : 1h20

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VOLTAIRE ROUSSEAU – THEÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE

1398844782_photo_hd_18616♥♥♥ 1765. Rousseau rend visite à Voltaire à Ferney. Serait-il l’auteur anonyme du violent pamphlet qui circule sur sa personne ? Lors de leur affrontement, Voltaire et Rousseau s’étripent se lançant au visage leurs convictions divergentes sur l’éducation, Dieu, l’égalité, la liberté, le théâtre. Le premier est réaliste tout en restant caustique, le second est rongé par sa vision apocalyptique de la condition humaine. Son discours totalitaire sur la femme, l’éducation, la société ou le théâtre est effrayant et fait réfléchir sur le danger des extrêmes. 

Cette brillante joute oratoire imaginée par Jean-François Prévand, ponctuée d’humour et de l’esprit des Lumières, sobrement mise en scène par Jean-Luc Moreau et Jean-François Prévand, nous fait redécouvrir ce que nous devons encore aujourd’hui à leurs visions fulgurantes mais complémentaires de notre humanité. 

Quant à Jean-Paul Farré et Jean-Luc Moreau, tous deux se lancent à cœur joie dans l’arène dans ce corps à corps doctrinal. La fine et sarcastique rhétorique de Voltaire face à la candeur mélancolique écorché vive de Rousseau est un véritable régal pour tous nos sens. L’ironie face à l’utopie, beau duel. « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé » nous rappelle Voltaire.

Ce spectacle, créé en 1991, n’a rien perdu de sa verbe et de son gai savoir. Même ceux qui se sont ennuyés sur les bancs du lycée vont adorer philosophie et éloquence du verbe. ♦

Le regard d’Isabelle 

VOLTAIRE ROUSSEAU

Théâtre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris (métro Montparnasse). 

Du mardi au samedi à 19h jusqu’au 1er juillet 2017. 

Relâches exceptionnelles les 17, 18, 19, 20 et 23 mai.

Durée : 1h15. 

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C’EST ENCORE MIEUX L’APRÈS-MIDI – THÉÂTRE HÉBERTOT

affiche-cest-encore-mieux-lapres-midi♥♥♥♥Dans le bel Hôtel de l’Hémicycle, tout proche de l’Assemblée Nationale, M. Machalier, célèbre député, se prépare à un après-midi coquin avec une secrétaire du Premier ministre au lieu d’assister à un débat parlementaire de la plus haute importance. Mais la présence de sa femme dans le même hôtel et la maladresse chronique de son assistant vont déchaîner les catastrophes et une série de quiproquos de plus en plus délirants.

« C’est encore mieux l’après-midi » est sans aucun doute la comédie la plus hilarante de l’anglais Ray Cooney. L’adaptation par Jean Poiret n’a pas pris une ride. La mise en scène de José Paul est d’une précision magistrale qui fait mouche à chaque scène, elle ne laisse aucun temps mort ni aux comédiens, ni aux spectateurs. Une mention spéciale pour toute la troupe – Pierre Cassignard, Lysiane Meis, Sébastien Castro, Guilhem Pellegrin, Pascale Louange, Guillaume Clérice, Rudy Milstein, Anne-Sophie Germanaz – où chacun excelle et pétille dans son rôle quelle que soit son importance.

Ce vaudeville offre au théâtre du Boulevard ses lettres de noblesse et au public un divertissement au rythme endiablé. Catastrophes et situations cocasses en cascades. Explosions de rires de bout en bout grâce à des répliques ciselées et un humour sans aucune vulgarité. Déferlements d’applaudissements mérités aux changements de décor et au baisser de rideau final.

Allez au théâtre Hébertot en après-midi ou en soirée, une heure trente de pur bonheur assuré. N’oubliez pas vos mouchoirs : vous allez pleurer de rire !

Le regard d’Isabelle

C’EST ENCORE MIEUX L’APRES-MIDI

Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles – 75017 Paris – Métro : Rome (ligne 2) – Villiers (lignes 2 et 3).

Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 16h30, le dimanche à 15h00.

Jusqu’au 26 mars 2017

Crédit photos : Lot

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STAVANGER – STUDIO HÉBERTOT

vz-67cab3e7-5327-4c51-8808-ed25f02145d1♥♥ L’avocate Florence Bernstein vient de convaincre un jeune homme, Simon, de ne pas rester allongé sur les rails du quai n° 5. Choqué, désemparé, il accepte de la suivre chez elle. Dans cet appartement très chic, tout de noir et d’argent, où elle lui offre du champagne et du foie gras il est comme perdu. Elle est élégante, calme, sereine. Il a froid, est replié sur lui-même, nerveux, instable. Elle semble savoir quelque chose qu’il ignore. Le temps semble suspendu. Ils ont quelques heures pour échanger sur leur vie, leur passé, et pourquoi pas sur leur avenir jusqu’à ce qu’ils se trouvent un point commun : la ville portuaire de Stavanger en Norvège. Une coïncidence ?

Si la première pièce d’Olivier Sourisse révèle une écriture ciselée ménageant des rebondissements et une fin troublante ; une direction (Quentin Defalt) comme une interprétation d’acteurs remarquables (Sylvia Roux et Thomas Lempire) ; une très belle qualité esthétique de la lumière et de la bande son, ce secret de famille enfouit sous un amoncellement de non-dits est lourd autant à dévoiler qu’à partager par le public. Ces deux écorchés vifs, qui ont tant de zones d’ombres à divulguer, sont trop verbeux et sans optimisme dans l’avenir. Quant au final, il est si surprenant qu’on lui accorde difficilement de la crédibilité. Aussi, cet embarquement pour Stavanger ne nous a pas pleinement conquis.

Le regard d’Isabelle

STAVANGER

Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles – 75017 Paris (métro : Rome, Villiers)

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h.

Jusqu’au 29 avril 2017.

Durée : 1h15

Crédit photos : Patrick Courtois 

EXERCICES DE STYLE – COMÉDIE DE PARIS

exercices-de-style_2502_image_0x1200♥♥♥ C’est un fait divers insignifiant raconté de 99 manières différentes : l’Autobus arrive. Un homme monte. Il écrase le pied d’un autre voyageur. Une querelle éclate. Puis il est question d’un bouton de pardessus devant la gare Saint-Lazare. Cette histoire banale est surtout l’occasion pour Pierre Ollier, Guillaume Van’t Hoff et Michel Abecassis (qui signe l’adaptation comme la mise en scène riche en trouvailles) – armés de trois chaises, trois valises et de trois chapeaux melons – de délirer, chanter et percuter le texte de Raymond Queneau en se faisant tour à tour ignare, philosophe, bègue, gourmet, mathématicien, religieux, percussionniste… et un peu frères Jacques. Un défilé de personnages plein d’enchantement plus vrais que nature assuré par des acteurs dont la performance est souvent bluffante. Plusieurs scènes sont jubilatoires, voire inoubliables pour le public. Ces exercices de style méritent un 20/20.

Le regard d’Isabelle

EXERCICES DE STYLE

Comédie de Paris, 42 rue Pierre Fontaine, 75009 Paris (métro Blanche ou Pigalle)

Les mardis et mercredi à 19h15 jusqu’au 29 mars 2017

Durée : 1 heure