LES RITALS – THÉÂTRE DE LA SCÈNE PARISIENNE

13.gif♥♥♥♥ L’écrivain François Cavanna a raconté dans Les Ritals (1978) son enfance dans un quartier populaire de Nogent-sur-Marne dans l’entre-deux-guerres entre Luigi, son père immigré italien, et sa mère, originaire de la Nièvre, qui n’a pas la bouche qui se plie dans le sens de la rigolade.

Sur la scène une table de cuisine recouverte d’une toile cirée arborant de grandes fleurs, trois chaises, une ampoule nue et une veste de bleu de travail. C’est celle de Luigi. Le père, maçon de métier, est riche d’humanité et de simplicité, les poches toujours remplies de noyaux de pêché à replanter, de bouts de ficelles, de clous… De tout ce qui peut servir, à lui ou à celui qui croisera son chemin. La mère n’est pas loin. Elle fait des ménages et des lessives toute la semaine, chez les autres et le dimanche, dans son humble intérieur. Jamais elle ne sort de chez elle, sauf pour aller au cinéma où elle rêve une autre vie, pour elle mais surtout pour son fils. Pour lui, elle imagine une vie de fonctionnaire aux PTT pour qu’il travaille à l’abri des intempéries tous les jours de l’année et qu’il bénéficie d’une belle retraite sans jamais connaître le chômage. Ce n’est pas comme son père… Lui est aussi doux qu’elle est rude. La bonté et la rigueur des gens simples qui comptent le moindre sou et qui s’inquiètent du devenir de leur progéniture.

Bruno Putzulu nous offre une adaptation empreinte de tendresse et d’humanité, pleine de drôlerie et d’émotion, merveilleusement mise en scène par son frère Mario Putzulu et en ambiance par l’accordéon de Grégory Daltin (en alternance Aurélien Noël). Assurément, de nombreuses scènes deviendront cultes dont la folle équipée au bordel entre amis ou la cuite mémorable du père au banquet des Garibaldiens. Plus encore, la gouaille de François Cavanna dans la bouche de Bruno Putzulu se remémorant ses racines, sa famille mais aussi le racisme ordinaire dont ils sont victimes vous toucheront en plein cœur. Les Ritals, c’est du bonheur populaire à l’état pur, c’est de l’élégance prolétaire haute en couleurs. Voilà un voyage dans les années 30 à ne surtout pas manquer à La Scène Parisienne en ce début d’année 2020. Du grand art à l’italienne. ♦

Le regard d’Isabelle 

LES RITALS 

Théâtre de la Scène parisienne, 34 rue Richer – 75009 Paris (métro Cadet)

Du 16 janvier jusqu’au 26 avril 2020, du jeudi au samedi à 21h00, le dimanche à 18h00.

Durée : 1h20

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