ROUGE – THEATRE MONTPARNASSE

Capture d’écran 2019-12-13 à 12.05.20♥♥♥Mark Rothko fut l’un des plus grands peintres américains du XXeme. Né en 1903 en Lettonie, il représenta « l’expressionnisme abstrait ». Extrêmement cultivé mais torturé et affaibli par la maladie, il se suicida en 1970 dans son atelier. Une très belle pièce rend hommage à l’artiste, son oeuvre et sa vision de l’art. Brillant!

New-York, 1958. Le peintre réputé Mark Rothko (Niels Arestrup) vient de recevoir la commande de vastes peintures murales pour le restaurant huppé du Four Seasons. Fatigué, il fait appel à un jeune assistant, Ken (Alexis Moncorgé), passionné d’art et peintre lui-même, pour l’aider à réaliser cette nouvelle commande. Mais au fil des trois années de leur collaboration, les dissensions d’abord étouffées, éclateront entre deux hommes que tout oppose. Rothko, le vieil artiste torturé, intransigeant, tyrannique, obsédé par le processus de création et la finalité de son oeuvre et le jeune Ken plus matérialiste.

Au delà du simple « biopic » auquel elle aurait pu se borner, la pièce interroge brillamment les questions fondamentales de la création artistique, à travers les réflexions de Rothko : comment crée-t-on ? Pourquoi crée-t-on ? Qu’est-ce que l’art ? Quel lien entretient une oeuvre avec celle ou celui qui la regarde ? Rothko défendait la peinture comme un art littéralement vivant, qui devait rentrer en communication avec son spectateur. Au-delà de cette réflexion sur l’art, la pièce offre en prolongement une leçon de vie. 

L’interprétation magistrale de Niels Arestrup (acteur trois fois césarisé, on comprend pourquoi) laisse sans voix. Dès son entrée en scène, son allure désabusée, son pas traînant, son regard fixe, sa voix de rocaille nous font rentrer dans ce personnage complexe, brillant, torturé, colérique qu’était Mark Rothko. Admirablement dirigé par le metteur en scène Jérémy Lippmann, il offre une composition puissante qui nous emporte immédiatement et systématiquement avec lui dans ses accès de colère, ses désabus, ses angoisses et ses moments de tendresse pudique. Quel acteur ! Face à lui, Ken /Alexis Moncorgé, dont la mise en scène tarde à le mettre plus en lumière (seul bémol) explose dans la grande scène de rébellion contre son « Maître » qu’il a servi en silence pendant 3 ans. Ce n’est plus le Maître et l’élève d’ailleurs, mais peut-être la relation d’amour et de haine d’un fils avec son père. Beau, fort, du théâtre exigeant qui n’est heureusement pas destiné aux seuls amateurs de peinture. Mais aux amoureux du théâtre tout simplement. 

Signé Elisabeth

ROUGE

Théâtre Montparnasse, 31 rue de la Gaîté, 75014 Paris (Metro Gaité) 

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h30

Jusqu’au 12 janvier 202O

Durée : 1h40

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